Marche ou rêve, de paysage en paysages

Un con qui avance...

 

Un con qui avance ira toujours plus loin que deux intellectuels qui restent assis. Un dialogue d'Audiard quelque peu transformé* à ma sauce et que ceux qui me connaissent ont déjà dû m'entendre proférer.

Petite synthèse:

Nous en étions à trois nuits passées à Punta Arena et l'ultime négociation du vendredi soir ayant échoué, il fallait forcer le destin ayant toujours en tête de rejoindre Puerto Natales à 250 km d'ici. On ne savait pas si le bateau du 17 janvier partirait vu que tout était bloqué mais au moins en se présentant à l'embarquement, nous aurions mis toutes les chances de notre coté et aussi l'assurance de se faire rembourser.

Une ultime visite le matin à la companie de bus nous confirme que tout est toujours bloqué mais il se peut que les touristes puissent sortir de la ville à 14H. Donc : touristes qui sortent = voiture = Auto stop.

On se rue sur notre hostel, chargeons les sac à dos et "vamos". On marche , on est pris en stop, on remarche puis stop à nouveau etc. On passe ainsi quatre barrages généralement entretenus par des feux de pneu, de palettes. Il y a des voitures, bus qui attendent depuis 48heures parfois. En chemin, je suis prêts à tout: Dormir dans un abri bus, un hangar ou en frappant à la porte d'une maison pour nous héberger mais on ne fera pas demi-tour. C'est dit! Jusqu'à maintenant c'était marche ou rêve, aujourd'hui, c'est marche ou crève... Le con qui avance quoi... Et l'histoire des touristes qui passent les barrages, une rumeur invérifiable mais qui nous a renforcé à croire à la réussite de notre objectif.  En route, nous croisons ou doublons des familles, des personnes avec des grosses valises à roulette qui comme nous avancent sur cette grande route nationale déserte généralement pour rejoindre l'aéroport. J'étais parti pour faire des treks en Patagonie mais pas exactement comme celui-ci.

C'est ainsi qu'il nous a fallu 3heures pour faire les 18 km jusqu'au dernier embranchement de la ville (celui de l'aéroport).  Devant nous, 230 km de plaines de patagonie magallane comme je vous l'ai déjà décrite auparavant.

Nous sommes six à ce croisement, les quatres autres sont des étudiants Chiliens de Santiago qui sont arrivés en avion la veille au soir et attendent depuis ce matin. L'aéroport continue de fonctionner, c'est juste que les passagers doivent faire à pied les dix huit kilomètres pour rejoindre le centre.

 

 

Alors, on attend. Au pire, on dormira dans le hall de l'aéroport et puis un 4x4 pick-up s'arrête, il ne peut en prendre que quatre, on était en train de négocier pour se faire transporter à l'arrière lorsqu'un camping car immatriculé en France nous double, on leur fait signe et ils s'arrètent. Victoire.

Valérie, Pascal et leurs deux enfants Titouan et Brieuc font leur trip sud américain en camping car. Ils sont restés bloqués près de Punta Arenas et c'est en prétextant le jeunes âges des gamins qu'ils ont  pu traverser les barrages. On discute de nos expériences respectives, de tout de rien mais de voyage surtout. Ils sont un peu ennervés par cette situation et surtout parce qu'ils doivent quitter le Chili et se replier sur l'Argentine sans pouvoir visiter le Torres del Paine. J'espère qu'ils retrouveront un peu de baume au coeur, enfin c'est presque certain que le Glacier Perito Moreno ne pourra que les éblouir, c'est tout le mal que je leur souhaite et encore merci pour ces 230 km.

On se retrouve au barrage de Puerto Natales, où nous sommes pris en stop pour rejoindre le centre ville à six kilomètres de là. Ils bloquent tout mais ils restent sympas ces chiliens même si on les trouve un peu froids au premier abord (enfin par rapport aux Argentins). Nous retrouvons la famille Seguel Albornoz  pour notre premier couch surfing  chilien. Une famille extraordinaire et chaleureuse. Nous sommes accueillis comme des amis de longues dates... On ne pouvait tomber mieux.

La famille accueille jusqu'à 10 couch surfer, ce soir on est 9, nous sommes un peu serrés, la propreté n'est pas au top mais on est tellement content d'être à Puerto Natales, comme quoi ça sert d'être obstiné un con qui avance parfois. Je pense que l'on a pas été nombreux ce jour la à faire cette route, et ce petit "exploit" me réjoui un peu. Des mesaventures de voyage quoi.

 

 

Avant l'embarquation, on passe tranquille les deux jours à Puerto Natales, petit ville de pêcheur au bord d'un fjord que nous avions déjà visité en descendant. En louant un vélo, j'explore la zone pour quelques photos, visite des coins populaires de la ville aux maisons symétriques, on part pour une partie de pêche avec les gamins de la famille sur le ponton du Port, bref on s'imprègne de l'air Chilien.

 

 

 

Finalement, l'arrivée du bateau est retardée pour que des forces de police suffisantes s'interposent aux manifestants. On montera donc dans le bateau avec quelques heures de retard avec un petit groupe de français avec qui nous sympathisons dont Loïc le motard déjà croisé quelques jours plus tôt.

En épilogue de ces barrages de la hausse du gaz, le ministre s'est déplacé, un hausse modérée de 3% a été acceptée et la normalité est revenue pendant que nous voguions dans les fjords et canaux de la Patagonie.

Ce n'est pas une réflexion poussée, néanmoins le coût peu élevé du gaz dans la région n'incite pas la population à faire des efforts sur l'isolation. Dans les magasins, habitations et logements, je n'ai vu aucun double vitrage et des portes ou fenêtres bien peu étanches à l'air, on chauffe les portes ouvertes... Quoiqu'on en dise, les énergies fossiles viendront un jour à disparaître, le Chili sans sacrifier à l'habitat de bois ou tôle typique de la région devra trouver des solutions pour économiser un peu de son gaz. Une transition à prévoir si la population veut garder son confort.

A l'heure où j'écris, les bloquages de Punta Arenas sont bien loins, c'est quatre jours de remontée au Nord en ferry  qui viendra alimenter le prochain article de ce blog.

A +

 

 


*Deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche.

 


Publié à 21:22, le 15/01/2011, dans Chili, Puerto Natales
Mots clefs : chiliPuerto NatalesPunta ArenasGrève


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