Marche ou rêve, de paysage en paysages

Pucón que ça tu meurs.

C'est par un jeu de mot pourri digne du canard enchainé, que je vous présente notre dernier point de chute: Pucón. 

Donc, Pucón avec un accent sur le Ó, c'est une ville d'Auracanie dominée par l'activité touristique de montagne qui se situe au bord d'un lac et encadrée par deux parcs naturels. Un volcan enneigé  surplombe la ville tout en crachant en permanence une fumée blanche.  Les activités de montagnes sont reines: rando, rafting, canioning, VTT, balade à cheval, baignade dans les sources d'eaux chaudes etc.  Voila, pour le décor...

Alors pour bien décompresser d'efforts, jusqu'ici nuls, nous avons commencé par les sources d'eaux chaudes. Un réconfort avant les rando, une logique implacable dont seule ma partenaire de voyage peut vous expliquer avec une rationalité toute féminine...

Les sources de los pozones sont captées dans des grandes piscines construites d'assemblage de pierre. On marine dans des bassins pas très profonds qui ont des températures variant du tiède au très chaud. Le cadre est agréable, puisque que nous barbotons dans une jolie vallée boisée traversée par une petite rivière. Le lendemain de ce ramolissement par les eaux que j'ai attaqué l'ascencion du volcan Villarica, 1400m de dénivelée positive. C'est une rando qu'on ne peut faire seul à moins d'être équipé de piolet, guêtres, pantalon de ski, crampons, casque et culotte de renforcée. On passe par une agence qui fait tout ça très bien.  Pourquoi une culote renforcée me direz-vous? Mystère...

 

 

 

Nous voila un petit groupe de sept. Dès le départ, il y a scission. Je suis le seul à ne pas vouloir monter la première partie en téléphérique. Certe cela fait gagner une heure de grimpette mais je suis de bonne humeur et j'ai surtout l'envie d'abattre ces 1400m de dénivelée .  Qu'a cela ne tienne, on se retrouve un guide et moi à faire le début de la montée à deux. Il a la forme le bougre mais ça va, je ne peine pas tant que ça  pour suivre ses jambes de 20 ans entraînées tous les jours à la montée. Point positif, à deux on va plus vite et on se permet de doubler les autres groupes qui font l'ascension à pas de fourmi. A vrai dire, une centaine de personnes en petits groupes monte en lente procession, ça gâche un peu le charme.

 

 

Notre rythme rapide nous permet de ratrapper le groupe des "téléphéristes" qui effectivement ont un rythme lent et qui plus est saccadé de micro arrêts tous les dix pas. Cette partie est un peu fastidieuse , heureusement le panorama compense. Deux arrêts repos/casse-croute plus tard,  nous voila au sommet, 2847m. La vue s'ouvre sur d'autres volcans, les lacs et les montagnes environnentes. Il n'y a pas que de l'air pur là haut. Le volcan souffle ses gaz qui  font tousser si on s'approche  trop  près du cratère.

 

Ci-après, vue sur le cratère qui fume. Les petits points de couleurs à droite sur la photo sont les grimpeurs.

 

Arrive la descente et c'est là que ça devient très sympa... La fameuse culotte renforcée trouve son utilité. Nous voila à descendre sur le cul avec le piolet comme moyen de freinage. Ça va vite et la culbute est vite arrivée. Honnêtement, je n'ai pas voulu trop prendre de risque avec le matos photo dans le sac à dos. Un bien sympathique moment de glisse tout de même qui joint l'utile à l'agréable. Cette luge-sur-l'-cul évite une fastidieuse descente à pied. Une bien belle journée qui rend le sommeil lourd.

 

Le lendemain, nous nous engageons dans un petit trek de 3 jours dans la réserve de Huerquehue. Et que nous avons failli abandonner suite à un manque de cash pour entrer. Heureusement dépannés par un gentil couple de Suisse qu'on ne remerciera jamais assez (Un couple que nous avions croisé lors de la croisière une semaine avant). Le temps maussade ne rend pas justice à la beauté du parc. Les couleurs sont ternes ce premier jour mais l'ambiance des petits lacs perdus dans la végétation est un poil mystérieuse et pas pour me déplaire. C'est une très agréable rando de moyenne montagne entre rivières, lacs, forêts de hêtre pluricentenaires et d' araucarias aux formes préhistoriques.

 

Au fur et à mesure de notre rando (17 km), les nuages noirs annonceurs de pluie se font de plus en plus présents. Nous arrivons au camping, enfin l'aire de camping où juste une coupe de l'herbe, un tuyau tiré d'un torrent et des latrines comme équipements. La rusticité ne me gène pas temps que ça sauf que le coût pour cette nuit dans la montagne est au prix fort au regard de la prestation. 10000 Pesos soit 14 euro en plus de l'entrée qui elle aussi est discriminente (plus chère) si l'on est étranger ou Chilien. C'était mon quart d'heure "radin".



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous apprêtions à passer une nuit pluivieuse sous la tente quand un simple panneaux indiquant des ventes de soda, bière, petit déjeuner changea le cours de l'Histoire (ouais, le cours de l'Histoire, m'sieurs dames...)  Nous descendons pour voir malgré la fatigue. Je me dis que cette petite épicerie doit être en dure et si les pluies viendraient à être mauvaises, on pourra toujours se replier dans cet édifice. Plutôt qu'un épicerie, c'est une mignonne maisonnette de bois où deux petits vieux adorables passent les mois d'été. Chaque semaine Papy redescend à cheval se réapprovisionner et vendre les fruits et légumes du potagers. Ils accueillent aussi quelques campeurs pour une modique somme (2000 Pesos soit 3 euro) et on a droit aux toilettes des bancs, des tables mais aussi d'aller grapiller des framboises ou groseilles dans le jardin.

 

Le papy nous confirme de son oeil de montagnard que ça va tomber dru ce soir... Il nous accorde le droit de de planter la tente sous son auvent et c'est seulement le crépitement des gouttes sur les tôles que nous auront à subir ce soir là. La chance.

 

La seconde journée dans le parc fut une des plus belle de ce voyage pour moi. Dès le matin, un magnifique soleil finissait d'aborber les derniers nuages aux flancs des montagnes. Après une heure de marche, j'atteignais la laguna Angélina. Un petit lac perdu dans la tranquilité des montagnes et des araucarias. Une fois avalé mes sandwichs, je me suis allongé dans les joncs sous le soleil qui chauffait mon visage. Ce fut un vrai plaisir à n'avoir qu'à écouter le vent dans les branchages, le tac-à-tac d'un pic vert au loin ou le chant d'oiseau inconnu qui résonne dans la forêt. On prend le temps à suivre des yeux le cheminement d'un insecte le long d'un brin d'herbe et se laisser aller dans une douce somnolence. Un vraiment moment de bonheur que je n'avais pas ressenti depuis longtemps et qui s'accroit encore quand je pense au boulot. Pas de mail urgent à traiter, ni de sonnerie de portable, pas de soucis de chantier. Une vraie décompression qui intervient après ces deux mois (déjà) de voyage.

 

 

Nous passons la seconde nuit près du "gîte" avec soirée partage autour d'un feu de bois sous la nuit étoilée. Nous formons un petit groupe intenational composé de Suisse, Hollandais et français. Une famille Chilienne qui loge chez papy et Mamy, vient au dessert partager des shamallow. On les cuits près des braises en les piquants sur une branche de bambou . (Un délice. Le shamallow en devient crêmeux et collant. A refaire au retour).

Le lendemain, plutôt que de retourner par le chemin initial, nous repartons dans la vallée à travers les prés avec le papy qui a chargé les sacs de la famille chilienne sur ses chevaux. C'est au bout de quatre heures de marche que nous atteignons la première piste accessible aux voitures près d'un très beau lac... On se rend compte à quel point ils vivent isolés de tout. La famille Chilienne a plus ou moins improvisé un retour en demandant à quelqu'un de bien vouloir nous ramener au prochain arrêt de bus, 15km de piste plus bas. Le fait que le chauffeur nous aie demandé un prix ehorbitant (qui s'est négocié avec quelques euros au final) a un peu gâché la fin de ces trois belles journées au vert.

 

 

 Une très belle semaine dans ce coin.

A+

 


Publié à 20:28, le 29/01/2011, dans Chili, Pucón
Mots clefs : parc huerquehuevillaricapuconchiliVolcanrandonnée


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