Marche ou rêve, de paysage en paysages

Mais merde j'avais mis le sac à mes pieds. Un article sans photo.

Un canif, une bouteille d'eau, une pomme, du PQ, un reveil matin, un livre, mon guide Bolivie, une paire de lunette, un I-pod, de la crème solaire, du savon anti-septique, du répulsif anti-moustique, un APN olympus, une clef USB voila ce qui est parti hier avec mon sac à dos... Et j'oubliais mon matos photo à savoir un Canon 40D, et les trois objectifs 10-22mm, 24-105, 100-400mm. Au bas mot quelques smic ou plusieurs années de travail d'un mineur à Potosi.

Voila, je me suis fait voler mon sac à dos! Comme un bleu. C'était lundi matin dans le Bus pour Oruro à Potosi. Il fait beau ce matin, ça fait près de deux mois que je suis en Bolivie. Les villes et le bord des routes ne sont pas toujours reluisants mais les paysages, la nature compensent largement ces désagréments. Ça se passe bien, je me sens en confiance. Le matin même avec mon espagnol progressant, je discute avec un très sympathique taxi, père de famille. Bref, des gens simples et agréables. Les Boliviens sont un peu froids mais brisé la  glace, il resort un coté chaleureux. J'avais pris la veille les minibus de ville oú j'avais vu chaque personne payer spontannément le chauffeur à la sortie. Voila une belle marque de civisme me disais-je, ça ne marcherait jamais en France.

Le bus arrive, je mets mon gros sac à dos 70L dans les coffres du bas et monte avec mon petit sac prendre mon siège. Il y a un homme qui me demande mon billet et me montre mon emplacement. C'est inhabituel mais bon, toutes les compagnies sont différentes et certaines offrent des services en plus. Bref, je pose comme d'habitude mon sac à mes pieds. Ce même homme me dit de le mettre au dessus dans le compartiment supérieur. Il fait beau, je suis bien et finalement oui, pourquoi ne pas laisser un peu plus d'espace à mes jambes, un peu de confort pour profiter d un lundi matin tranquille, heureux de voyager. Je sais que c'est risqué et qu'il ne faut pas le faire mais mon sac est gros et un peu lourd  (la plus part du temps il n'y rentre pas), il n'y a pas grand monde dans le bus et si quelqu'un traficote au dessus je le verrai.

Je transfère mon sac en haut, ce même homme le range un peu. J'entend le sac frottrer dans le compartiment. Tiens, il est attentionné pensai-je, il ajuste proprement mon sac pour ne pas qu`il bouge. J'ouvre mon bouquin de leçon d'espagnol... 5 minutes se passent... Je percute, je regarde en haut, c'est vide... 

Merde, de merde, de merde... Le bus part dans 10 minutes. Je sors, je rentre, vérifie dix fois de long en large. Je décide de reprendre mon gros sac à dos de laisser partir l'autocar. J'erre comme un con dans le terminal regardant aux alentours sans vraiment d'espoir mais que faire d`autre. Il n'y a pas grand monde en ce début de matinée je scrute. Bref, une demi heure à tourner pendant lesquelles, je retourne au bureau de vente de la société de transport. Ils me rappellent qu'ils ne sont responsables que des bagages dans les coffres du bas. A la police, je fais une déclaration dans la main courante sans trop y croire. Le policier me demande si je veux porter plainte, faire une description de l'homme, ce dont je suis incapable. On s'est croisé 10/20 secondes et puis je n'ai pas envie de retourner au centre ville. J'ai le moral dans les chaussettes. Mais merde j'avais mis le sac à mes pieds.

Dégouté... Je n'ai rien contre le voleur, il a fait son boulot de voleur et bien fait. Je m'en veux à moi, pourquoi je l'ai mis dans ce compartiment haut, pourquoi j'ai écouté ce type sans me méfier... Je ne sais pas pas s'il y a des études psychologiques sur la manière de pigeonner quelqu`un mais il est clair que j'étais en confiance, trop c'est sûr. Mais merde j'avais mis le sac à mes pieds.

Alors que faire, revenir le soir essayer de reconnaître le voleur comme me le propose le flic? Je n'y crois pas. C'est mort de chez mort. Je reprend le prochain bus pour la Paz (via Oruro). Je vais essayer de racheter un appareil là bas. Les 7 heures de voyage ont été longues, mon esprit tournant en boucle, refaisant mille scénarios, et pourquoi, et si j'avais, et si... Mais la vie est ainsi faite on ne revient pas en arrière. Et j'entend encore le frottemenent du sac dans le compartiment. Il n'a pas rangé le sac, il l'a dérobé à ce moment exact... Quel naïf, quel abruti je suis! Mais merde j'avais mis le sac à mes pieds.

Passe la période oú j'essaye de relativiser, ce n'est que du matériel, quelques pertes de photo mais par chance j'avais envoyé des cd récements. Les meilleures sont partagées sur le blog. Je suis en pleine santé, j'ai de quoi continuer le voyage. Je ne creuse pas un filon d'argent au fond d'un trou poussièreux pour gagner ma vie (voir article précédant). Mon espérance de vie est toujours dans les 80 et quelques années et non pas 42 comme les mineurs de Potosi. Plutôt qu'une offrande hypothétique à El Tio, certains préfèrent  l'accaparation et gagner l'équivalent de plusieurs années de salaire. Oui, on est des riches se baladant dans un monde pauvre. Des cibles de choix. Mais merde j'avais mis le sac à mes pieds.

En voyage, il faut être près perdre son matos disais-je lors de mon premier voyage en routard il y a 12 ans. C'est toujours ce que je pense mais entre temps, mon équipement photo s'est fortement évalué. Et puis j'ai toujours dit que si on était pas près à voyager avec ces appareils performants et couteux autant les laisser dans la vitrine du magasin. Pendant toutes ces années de voyages indépendant il ne m'était jamais rien arrivé de semblable malgré des coins pas trop fréquentables en Afrique, aux Philipines. C'est peut être ça l'expérience d'un voyage au long court, garder sa vigilance non pas sur quinze jours, trois semaines mais sur une période bien plus longue. Mais merde j'avais mis le sac à mes pieds.

En attendant, malgré mon esprit tourmenté et le moral bien bas, le paysage entre Potosi et Oruro est superbe. Et vous savez quoi, je n'ai pas pris de photos.

A+

 


Publié à 20:20, le 26/04/2011, dans Bolivie, Potosí
Mots clefs : potosibolivievol


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