Marche ou rêve, de paysage en paysages

Manger des papayes à Popayan

Évidemment la Colombie avec sa réputation sulfureuse est toujours le pays qui fait naître l'interrogation et la crainte dans les yeux de votre interlocuteur (surtout ceux qui n'y sont jamais allés). Alors oui, narcotraficants, otages, paramilitaires, guérilla, meurtres ont été à leurs apogées dans les années 2000. Aujourd'hui qu'en est-il? Les deux mandats du président Uribe ont amélioré les conditions générales de sécurité. Les FARC ont été repoussés très loin dans la forêt, le pays s'est pacifié. Il reste pourtant beaucoup de militaires ou d'homme en armes le long des routes. Les questions posées aux locaux soufflent le chaud et le froid...  Alors insécurité réelle ou sentiment d'insécurité? Là est toute la question. Aurai-je la réponse à la fin de mon séjour ici?

Pour l'heure je me suis fié à mon guide (plutôt qu'aux conseils du ministère des affaires étrangères français) qui me dit de tout oublier de ce passé car la Colombie est securisée, bon marché, accessible et une destination totalement palpitante.

Parti depuis Quito, je voyage avec Alexandra une allemande rencontrée quelques semaines plus tôt. La route est belle, elle sillonne dans ce qui pourrait rappeler un bocage normand plaqué sur des collines ondulantes.

 

Les formalités douanières sont assez longues, compter une heure à une heure trente de part et d'autre de la frontière. Il est au environ de 16H, la ville frontalière est sans plus... Notre destination finale est Popayàn, une jolie ville coloniale 4 heures plus au Nord. Alors bus de nuit ou pas?

Les pour:

L'hôtesse d'accueil de l'office de tourisme, le taxi, moi.

Les incertains:

Le douanier: "Mieux vaut attendre demain", le lonely planet :"il est déconseillé de prendre des bus de nuit", Alexandra.

Les "pour" sont convaincus les incertains ne sont pas formels. Alors c'est parti car l'envie de manger des papayes à Popayàn (avec Popeye?) est trop forte. [Désolé, je n'ai pas pu m'empêcher, Le Bobby Lapointe qui sommeille en moi a encore frappé].

Nous roulons dans les dernières lueurs du jour qui montrent un pays propre, des maisons terminées dans de moyennes montagnes et de belles gorges creusées par les torrents. Le vendeur de la billetterie nous avait annoncé une arrivée vers minuit mais c'est à deux heures du matin que nous sommes arrivés à l'hostel sans soucis.

 Popayàn

Première ville, première visite, premières impressions. Si les pays précédents ont été abondemment visités, commentés, bloggés, la Colombie me donne un sentiment de renouveau, d'inconnu et de sortir des habituels "gringo tours". Ici le touriste n'est pas une race commune. Un policier, croyant sans doute que j'étais journaliste ou reporter, me demande pour qui je travaille...  C'est bon signe et ça me plait.

La ville est agréable, la couleur dominante est le blanc avec de jolis bâtiments, églises. On s'y sent bien. Les gens m'abordent, un peu curieux et surtout conviviaux. Je suis content de maîtriser suffisamment d'Espagnol pour communiquer. Seulement ma joie va se calmer, alors que je me dirigeais vers un mirador au dessus de la ville, un sympathique bonhomme me conseille de ne pas y aller seul. Mince alors... Je préfère l'écouter mais c'est l'éternelle question d'insécurité ou sentiment d'insécurité. On a bien vu en France de paisibles villages de campagne bien éloignés des violences urbaines et de l'immigration voter à grande majorité pour le discours sécuritaire et répressif du FN.

Je pense que la valeur de mon matos photo vaut plus que la réponse à cette question et je retourne sur la place principale m'asseoir sur un banc à regarder la vie qui passe.

 

Ici le café enfin la machine à expresso est portative, la Colombie est aussi le pays du café profitons en car c'est bien agréable de déguster son petit noir sur un banc public. 

Les gens sont métissés encore plus qu'en Équateur me semble t'il, la journée se passe tranquillement... Car demain action.

Parc National de Purace

La région de Popayan offre aussi un très beau parc national. Un volcan à 4650m à gravir, des forêts de nuages et une très jolie campagne en bordure de parc.

J'arrive au bureau du "guardaparque". Il n'y a pas l'air d'avoir foule ici, en effet je suis seul et le quinzième a m'inscrire sur le registre du mois de juillet (on est que le 16/07). J'ai donc le parc pour moi. Juan Carlos le gardien m'accueille comme une vielle connaissance, me donne tous les renseignements possibles avec gentillesse et sympathie.

Premier objectif: Le volcan. C'est l'un des plus actif de Colombie et on peut voir du bas une grande fumerolle qui s'échappe du sommet. Le sentier démarre derrière la cabane du parc, et grimpe à travers les prés puis vient la végétation du "paramo". Des herbes, fleurs, mousse et arbustes poussent dans une sorte de lande  parsemée de petite lagunes.

Ici il faut aimer le soleil. Enfin le soleil qui apparaît plusieurs fois par jour entre les petites averses. Sans surprise une forêt de nuage veut dire humidité, j'aurais dû me méfier quand j'ai vu que tous les paysans portaient des bottes en caoutchoucs dans le village. Peu importe si ce n'est pas un beau ciel azur. La randonnée est belle mais parfois boueuse.

La végétation diminue au fur à mesure de la montée et l'environnement devient complètement minéral dans les cinq cent derniers mètres ou il reste quelques petites parcelles de neige . La brume (ou les nuages) ont été plus rapides que moi et donc la vue est bien maigre là haut. Une fumerolle sur fond de brouillard ne rend rien en photo. Ça sent le souffre, c'est tout.

Le bord du cratère. 

 

Je n'ai eu par chance que quelques petites bruines contrairement aux orages qui éclataient en contre bas.

 

 

Hormis les risques inhérents au fait de marcher seul, l'ascension se fait aisément sans guide. 4H  de montée, 2H30 de descente.

Le lendemain, la seconde attraction sont les thermes de San Juan. Une quinzaine de kilomètre de marche le long de la route où abondent les oiseaux et surtout les colibris dans les haies qui bordent les pâturages.

Les arbres sont couverts de mousses, lichens et aussi d'orchidées dans les bois.

J'aime cette campagne verte et vallonnée avec ces maisonnettes accrochées aux flancs des collines. 

Chaque maison est une petite exploitation avec quelques vaches, le matin un camion vient collecter les bidons de lait que les paysans descendent au bord de la route.

3300m d'altitude, la température varie entre 5 et 8ºC mais je suis content de me ballader dans ces paysages.

La pluie commence à tomber et je tend le pouce (il y a très peu de trafic). Succès au premier camion.  Jorge, 47 ans, s'en va charger des fruits dans un village assez loin dans l'Est.

On discute de nos vies respectives, de son métier, de mon voyage. Il gagne 1000 000 COP/mois (soit dans les 400 €) Il ne compte pas trop ses heures mais pense qu'il travaille jusqu'à 100 heures par semaine et travaille sept jours sur sept.  C'est vrai que nous sommes dimanche aujourd'hui. Son week end tombe lorsqu'il y a un trou dans son planning. Il ne se plaint pas et aime son métier qui lui fait découvrir les quatre coins de la Colombie.

Il me dépose près de San Juan ou je retrouve Alexandra. Des sources d'eaux chaudes sulfurées qui sortent de terre et créent un univers étrange au milieu des bois.

 

 L'eau coule jaune entre mousse et lichen.

 

Le royaume de la mousse est ici...

 

Ici au milieu de nulle part, Pablo, le "guardaparque", parle français. Il me dit être resté quatre ans à Paris à garder des vieux, sortir des chiens... Je n'en saurai pas plus.  J'imagine qu'il a dû être l'homme à tout faire d'ambassadeurs Colombiens en poste en France mais ce n'est que pure supposition.

Le lendemain, j'attendais le bus pour retourner sur Popayan, cela faisait vingt minutes que j'attendais quand un camion me klaxonne et me fait des appel de phare. C'est Jorge, le routier de la veille avec 10T de goyave dans sa remorque. Il a dormi six heure sur les sièges et le voila reparti. Un retour au première loge avec vue panoramique sur les montagnes depuis la cabine. On parlera encore de religion, d'éducation, des ses enfants etc.

A+


Publié à 19:50, le 19/07/2011, dans Colombie, Popayán
Mots clefs : popayantherme de san juanparc national puracecolombiecolibriVolcan


Translation / Traducción

Qui suis-je ?

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Amis
Album photos

Mes albums

La carte des lieux visités



Rubriques

Argentine
Argentine et Chili
Bolivie
Bresil et Uruguay
Chili
Colombie
Equateur
Indonesie
Itineraire
Lettonie
Nouvelle Zelande
Perou
Preparation au depart

Derniers articles

Voyage, introspection, bilan, c'est la fin.
Les rencontres au fil des jours, l'itinéraire, les livres lus...
La vie c'est comme une boite de chocolat...
Du battant des lames au sommet des montagnes, voir un peu plus, un peu moins

Sites favoris

Mon autre blog
Photos de Voyage depuis 2006
Apprendre la photo
Aventure motarde
Crunch The Globe - Un blog supair

Amis


Newsletter

Saisissez votre adresse email