Marche ou rêve, de paysage en paysages

Equateur version côtière

Arrivée en Equateur.

Un petit flash-back sur mon entrée en Équateur tant le départ pour les Galapagos fut rapide. La frontière entre le Pérou et l'Équateur a mauvaise réputation, surtout pour ceux qui doivent changer de bus et prendre des taxis ou moto-taxis pour passer d'une douane à l'autre. Il y a déjà eu des embrouilles et c'est pour cette raison que j'ai pris un bus transfrontalier. On s'arrête devant les bureaux pour les formalités et on remonte aussitôt. Le prix est conséquent.

Voyage de nuit donc, parti de Trujillo en direct jusqu'à Guayaquil. Il est minuit quand je monte dans le bus, mon voisin de siège dort, j'essaye discrètement de le réveiller pour qu'il pousse son sac placé où moi je dois mettre le mien et puis mes pieds aussi. Bof, il dort je n'insiste pas et m'installe en gerbant son sac. Ça le réveille et il me parle... J'ai fait des progrès en Espagnol mais de là à comprendre un Argentin tiré de son sommeil quand il est passé minuit et que toi t'es crevé, il y a des limites. Le ton devient un peu insistant qui tire sur l'agressif. j'arrive à comprendre que je me suis assis sur ces lunettes de vue posées sur mon siège. Approchant la soixantaine, il grogne un peu et je bafouille un "lo siento". 

Sur ce, on s'endort tant bien que mal et le lendemain le petit incident de la veille a laissé quelques traces. Chacun restant dans un mutisme méfiant. Passent quelques heures et j'aborde la conversation. Un peu comme d'hab, sa vie, mon voyage. Finalement arrivé à destination Jorge me propose de partager un taxi et  puis une chambre d'hôtel afin de réduire les coûts. Il fait un tour d'Amérique du Sud mais à un rythme plus soutenu que moi.

Je suis resté sur mes gardes mais rien de fâcheux n'est arrivé si ce n'est de partager sa chambre avec un fumeur. Pas grand chose à dire de plus de cette rencontre insolite.

***

Guayaquil.

Le paysage a bien changé. La côte désertique péruvienne a fait place à une nature tropicale. Des champs de bananiers à perte de vue s'égrènent le long de la route jusqu'aux banlieues urbanisées de Guayaquil.

Une grande ville. Quelques beaux bâtiments, il manque un peu de chaleur enfin je ressens une atmosphère lourde portée par un ciel gris. Cet hiver tropical n'offre pas de grands jours clairs comme à la Réunion, il faut s'en contenter. J'arpente les rues à la recherche d'instants photographiques, de rencontres ou je ne sais quoi que peut bien me réserver ces flâneries solitaires. On croise quelques noirs dans la ville, l'Équateur se fait plus métissé. Un agent municipal enthousiaste me fait monter sur une tour d'inspiration Mauresque qui surplombe le Malecon 2000, belle horloge anglaise du XIXeme. Des sculptures de chevaux colorés égayent le centre ville. 

 

 

Je suis revenu dans cette ville à mon retour des Galapagos pour un petit arrêt logistique. Le lendemain il fait beau. La grisaille a laissé place au ciel azuré. Je prend mon petit dej composé d'un beignet et d'une autre pâtisserie à pâte feuilletée. La rondouillarde vendeuse est joviale et engage la conversation. en me vantant la magnificence de son pays. Voilà, une personne agréable, souriante et le soleil vous chante au coeur comme dit la chanson. Avalées mes viennoiseries dans le parc du centenario,  je file au terminal de bus direction la ruta del sol. Je continue mon cap au Nord par la côte pacifique.

Paysage plat et irrigué. Des rizières ont remplacé les bananiers. Le bus roule fenêtres et portes ouvertes permettant aux vendeurs ambulants de monter et descendre aux passages des dos d'ânes. c'est une technique...  Enfin surviennent quelques reliefs boisés mais la saison sèche a rendu les arbres effeuillés. Le paysage est un peu triste surtout que la grisaille est revenue dans le ciel. La musique a changé dans les bus, fini la flûte de pan, les cuivres ont pris place "caraïbisant" l'ambiance sonore.

***

Puerto Lopez

J'arrive à Puerto Lopez petit village côtier. L'équilibre tourisme / village de pêcheur est à mon goût. Belle baie de sable avec ses paillotes en bambou d'un coté et flottille de barques de pêche de l'autre. Il y a alternance de modestes commerces et maisons équipées de hamac qui longent la plage. Un peu plus loin les villageois jouent au volley ou au foot, les moto-tricycles taxis sillonent le malecón. C'est calme, chats et chiens cohabitent nonchalemment dans les rues, les plaques de béton des trottoirs sont défoncés par la croissance des arbres , Churchill nous propose de se mettre á poil, les clébards trainent au bar... J'aime bien.

 

 

 

 Le retour de pêche est aussi un spectacle.

Comme il n'y a pas de jetée, les petites barques accostent sur le sable et les poissons sont déchargés par des caisses à dos d'homme sous les nuées de frégates qui viennent y piocher quelques poissons.

Ou ramasser ceux tombés.

Après sélection des poissons nobles, le tout venant est balancé en vrac dans des camions direction les grandes villes. Ça me semble un peu rustique et je ne suis pas sûr que ce soit pour l'alimentation humaine vu les conditions de transport non réfrigéré. Bref la vie du village continue sans que l'industrie touristique n'ait pris le pas sur le reste et c'est ce que j'aime. Cette première soirée, je déguste un piña colada face à l'océan en écrivant quelques notes sur mon carnet de voyage. Je vais me poser un peu ici.

 

***

Les baleines.

Je m'apprêtais à écrire un petit article sarcastique sur les sorties baleines. En effet, les affiches des commerces qui vendent ces tours rivalisent de photos impressionnantes, de saut du cétacé sortant des eaux. Au final, après 4 heures de navigation on ne voit que quelques dos luisants émergeant des flots, de temps en temps un bout de queue et des gerbes d'eaux expulsées par la narine de la bête. J'avais donc l'idée de vous présenter les photos de ces affiches et puis la réalité. Hors le lendemain de cette sortie, au cours du trajet retour d'une plongée à l'île de la Plata, l'angle pris pour la rédaction de mon article ne tenait plus la route.

Une photo que je cherchais depuis longtemps à accrocher sur mon capteur. Plusieurs tentatives à la Réunion, en Argentine et puis comme le dit ch'ai-pu-qui: La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard. Souvent on me demande si mon matériel photo n'est pas trop encombrant et lourd. Il l'est. Mais quand l'occasion se présente c'est un réel plaisir d'avoir le matériel qu'il faut. 

 Alors celle là a bien voulu croiser notre route et nous faire une quinzaine de saut.

Le mode rafale du Canon 50D fonctionne à merveille...

 

En dehors de ça et pour revenir à la sortie baleine proprement dite, le bateau s'est approché près (trop?) et assez pour voir la tête émerger à 3 mètres de la coque et se faire asperger par le jet de la narine. On est bien loin de la limite des 100 mètres imposée à la Réunion. Le bon coté ici, il n'y a qu'un bateau et suffisamment de baleine pour qu'on m'ait proposé le remboursement  du tour bredouille (enfin ça c'est le discours du guide rabatteur).

En premier plan et laissé volontairement la rembarde de l'avant du bateau (la queue n'a pas du passer loin).

Douche assurée y compris le matériel photo.

Madame fait la planche au ras de la coque (5/6 m pas plus).

Cette balade m'a permis de rencontrer Anna, une voyageuse Bretonne (presque un pléonasme tant cette région est pourvoyeuse de baroudeurs(euses) et que l'on rencontre principalement après les Parisiens dans le contingent français qui parcourt l'Amérique du Sud). Discutions à bâton rompu sur le voyage, nos expériences, nos vies de familles, nos interrogations sur une stabilité (future?) de vie en couple. Grande conversation face au soleil couchant en dégustant des milks shakes sur des chaises longues...

 

Elle fait ce que je n'ai jamais osé: Partir dans un pays en émigré et pas en expatrié. Ce n'est pas que je me pose des questions sur le sens de la vie à me faire des noeuds dans les boyaux de la tête mais je me demande parfois quel est le carburant de mon envie de voyage, de découverte. Beaucoup se suffisent de nouvelles, assis devant leur télé au journal de vingt heure ou le temps d'un ciné, moi j'ai besoin de bouger, vivre des expériences différentes. La réponse que j'en fait c'est le rapport au temps. De la finitude de la vie et donc de l'envie de remplir entre la naissance et la mort de pleins de choses, de goûts nouveaux, de rencontres, de paysages: De se créer des souvenirs variés et enrichissants. Pour reprendre une phrase d'un autre voyageur/blogeur dont j'apprécie la lecture, je conclus également "Que vivre, c'est découvrir. Que la routine et le confort sont des somnifères".

***

Parc Machalilla

Un petit mot sur deux belles plongées à l'île de la plata (Roca honda et  Arecif de el faro). Pas exceptionnelles mais agréables. Une dizaine de tortues sur deux plongées des murènes, raies etc. (oui, je sais je fais le difficile). Bref après celle que je n'avais pas pu faire aux Galapagos, cela m'a fait plaisir de retrouver mes sensations dans le monde du silence, enfin pas tout à fait si silencieux que ça car ce sont les cris des baleines qui ont accompagnés notre première plongée. Encore un moment de grâce.

Campagne de pêche.

J'avais l'idée d'accompagner des pécheurs pour une sortie de deux jours en mer dans une petite barque au large. L'idée d'un petit reportage pour le blog, vivre un peu le labeur des pécheurs Equatoriens, deux nuits en pleine mer etc. Le retour de la plongée en retard a fait foirer le rendez-vous pris et aussi la vraie raison je me suis dégonflé.

A +

 

NOTA: Préférez la lecture du blog sur Mozilla fire fox qui centre le texte plutôt que sur explorer.


Publié à 19:00, le 7/07/2011, dans Equateur, Guayaquil
Mots clefs : observation des baleinesruta del solpuerto lopezguayaquiléquateurbaleine


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