Marche ou rêve, de paysage en paysages

Un colibri, un vieux japonais, des papillons

Un colibri, un vieux japonais, des papillons, milles et uns tons verts,  un âne, la neige, des ponts suspendus, des chats noirs affamés, une ingénieur, une colonie de fourmi, des torrents, le cirque de Mafate,  des pavés pré-colombiens, des champs de maïs, un cochon, de la pluie, un aigle, des cascades, 3500m de dénivelé, la végétation tropicale, du soleil... Je pourrais continuer encore longtemps cet inventaire à la Prévert. Tous ces éléments ont pourtant un point commun: Le trek d'EL CHORO.

Jour 1.

Tout à commencé par un lever aux aurores à La Paz. Un taxi pour le quartier de Villa Fatima, je saute dans un bus, mon sac à dos jetté sur les toiles de jute des marchands  et me voila parti.  Direction le col de La Cumbre à 4770m. Je suis le seul non Bolivien dans ce bus sentant un peu le fauve et le rance mais l'ambiance est à la rigolade. Un beau parleur fait rire toute l'assemblée sauf moi qui ne comprend que goutte.

Laissé dans les nuages que peine a percer le soleil matinal, il fait frais mais je suis tout content du programme à venir. Trois jours de marche qui me mèneront des sommets aux neiges éternelles jusqu'au yungas 3500m plus bas. Les Yungas sont les vallées au climat tropical qui servent de  verger et potager des hauts plateaux andins.

J'attaque d'un bon pas pour me réchauffer et ne tarde pas à rejoindre un autre marcheur. Alejandro est un guide Bolivien qui rentre pour travailler dans son village. Nous marchons ensemble tout en discutant. Il se plaint des commissions trop grandes que prennent les agences. En effet, suivant la taille du groupe le prix varie de 270 à 130 USD. Avec ce prix, on a guide, porteur et cuisinier. Pour ma part, j'ai choisi l'option location de tente et marche en solo. Chemin faisant il me permet de ne pas douter de la direction à prendre. Mine de rien, le sentier grimpe et nous rejoignons les poches de neige. 

Le souffle est court à cette altitude, mon GPS de rando indiquera 4890 m avant de redescendre à flanc de montagne dans ces "routes" construites par les prédécesseurs des incas. Les nuages sont nombreux mais quelques trouées laissent entrevoir la vallée. Les paysages sont superbes. Alejandro croisent deux connaissances et je pars devant, je ne le reverrai plus mais qu'importe j'aime marcher seul. L'esprit libre, vagabondant dans des pensées diverses et variées et surtout jouir de cette immersion dans la nature.

 

Des cascades dégringolent des falaises abruptes, j'atteins 2 heures plus tard le haut de la vallée, le relief s'adoucit et les paturages commencent. Troupeaux de lamas et quelques chevaux broutent autour de ce qui était un ancien relais incas. Sorti des nuages, la vallée qui s'ouvre devant moi est de toute beauté. Je vais de mon pas tranquille en suivant un petit torrent, ça et là apparaissent des restes de chaussée pré-colombienne / Inca.

 

 

Je m'arrête grignoter dans un hameau de quelques maisons habitées par des paysans vivant sdans ces très belles montagnes au rude climat. On est à 3500m au milieu de nulle part.

Le village suivant  est plus conséquent, je dois m'aquitter de 10 Bolivianos (pour l'entretien du chemin). Assise à coté du collecteur de taxe, une jeune fille attend... Son teint blanc me fait faussement croire à une trekkeuse comme moi, en fait c'est une jeune ingénieur envoyée pour mettre au point des panneaux solaires pour l'ouverture d'un restaurant. Seulement, si elle est le cerveau, les hommes qui doivent lui servir de main d'oeuvre sont aux champs... Alors elle attend dans un ennui profond depuis bientôt trois jours. Les marcheurs sont les seules distractions de cette jeune citadine plus habituée à l'activité de La Paz. Je lui souhaite bon courage dans sa mission et repart. De très belles portions de chemin pavé agrémentent la marche.

Un aigle (ou faucon) se laisse approcher sans crainte.

Peu à peu les paturages s'embataillent de végetation qui devient de plus en plus touffue au fur et à mesure de ma descente.

Il est environ 16H, je marche y compris les arrêts depuis 8H, j'arrive près du très humble hameau de Challapampa composé de cinq ou six maisons près d'un pont suspendu. Je bivouaque pour  10 bolivianos ce qui me donne droit à des latrines et un tuyau d'eau tiré d'une source.

Les paysannes sont peu causantes avec moi occupées qu'elles sont à défiler une veste pour en récuperer la laine ou faire cuire du maïs, des patates.

Une fois la tente plantée, avalé mes pâtes et ma soupe instantanée, je ne tarde pas à aller me coucher.  N'ayant plus fait de marche depuis Pucon au Chili voilà plus d'un mois et demi, les courbatures et la fatigue ont vite fait de m'endormir dès la nuit tombée à 19H.

 Jour 2.

Le ciel est bleu et le soleil illumine les hauts sommets, seulement la vallée est encore à l'ombre quand je plie la tente pleine de rosée. Cette fois, c'est vraiment la forêt tropicale. Le sentier est souvent inondé des sources ou cascades et attention à la glissade sur les pavés luisants. Par deux fois, je me suis retrouvé le cul par terre. Il y a toujours un risque à cheminer seul mais le trek  est fréquenté. Une foulure ou un ennuis plus grave ne me laisserait pas plus de ving quatre heures seul je pense.  Ce qui est certain, c'est que personne ne m'a doublé et je n'ai rejoint personne, je suis donc seul pour l'intégralité du trek, je n'en suis que plus prudent mais ça va. Le chemin est bien tracé et sans risque bien qu'il cotoye les ravins abrupts mais les quatre dernières années passées à la Réunion m'ont agueri à cet exercice.

La Réunion, justement. Ici la forêt tropicale à quelques ressemblances avec les paysages que l'on peut voir à Grand Bassin mais en plus grand, plus vaste. Les flancs des montagnes sont complètement couverts de forêts ou seules des cascades blanches viennent romprent les ton verts.

 

Perdu dans la végétation des ponts suspendus aux planches de bois douteuses permettent de passer par deux fois de grands torrents. J'y aperçois de magnifiques oiseaux colorés, des perruches criardes. Des nuées de magnifiques papillons danse autour de moi dans cette marche solitaire.

 

Ce n'est qu'à midi que je croise les premiers être humains. Une femmes et deux enfants qui vivent dans ce flanc de montagne un peu plus plat où ils cultivent du maïs et élèvent un cochon, quelques poules et canards. Je déjeune et je suis littéralement encerclé par les poules qui viennent picorer les miettes de mon sandwich. Deux chats noirs affamés miaulent l'aumone. C'est la première fois que je vois des chats manger du pain... (l'histoire de chats difficiles vous connaissez)

Le chemin continue à descendre, je rencontre des mines d'un autre age creusées dans la roche. J'imagine les conditions d'approvisionnements ici à 12 heures de la première route. C'est lors d'une remontée d'un torrent qu'une petite pluie pernicieuse finit de me tremper complètement tandis qu'un colibri s'abrite comme moi sous les arbres.

 

Les traversées des ruisseaux et la végétation trempée ont rendu mes deux chaussures totalement spongieuses. C'est avec le floc floc de mes pas que je croise un âne perdu dans le chemin et arrive au deuxième bivouac. Etant seul, je préfère ces hameaux, mon bouquin mettant en garde contre quelques importuns venus embêter les trekkers. En tout cas mes pieds ont pris l'eau. Condition idéale pour les ampoules...

Hameau de buena vista (2eme bivouac)

 

La vue des nuages qui se désagrège sur les forêts vaut le coup d'oeil et je suis bien dans ma tente malgré la pluie.

 

Jour 3

Temps gris et éclaircie pour cette dernière descente que j'avale en 4 heures.  Soudain, j'aperçois des feuilles avançant toutes seules au sol. En fait une  énorme colonie de fourmi d'au moins vingt mètre de long longe le sentier. Impressionnant.  En chemin je m'arrête à la maison japonnaise (indiquée par mon bouquin). Je vois surgir un viel homme asiatique tout courbé qui vient me faire signer son registre. L'homme est japonnais effectivement. Venu depuis des années dans ces montagnes Boliviennes, son passe temps est de collectionner les cartes postales que les différents marcheurs lui envoient. Comme à tout voyageur, il me demande d'où je viens en me montrant au dos de son registre un planisphère dessiné grossièrement. Il me montre son itinéraire depuis le Japon. Je lui dit que je suis né en Bourgogne mais que j'ai vécu dernièrement à la Réunion. Il dit connaitre, me parle de volcan et effectivement la ligne tracée de son itinéraire semble y passer. Sans rien me dire, il me quitte d'un pas alerte et revient avec une carte postale du cirque de Mafate*...  Le plus drôle c'est que le photographe de la carte postale n'est autre que celui que j'employais pour les photos de chantier. Le monde est bien petit finalement et retrouver la Réunion au milieu des Andes bien surprenant. J'ai quitté un peu vite ce vieux japonnais, c'est après coup que me sont venues pleins de questions sur sa présence ici. J'ai son adresse, peut être me répondra t'il...

Dans le paysage, des zones défrichées apparaissent. Ce sont des parcelles cultivées dans les flancs de montagnes un peu moins pentus.

A l'arrivée, mes pieds sont totalement rustinés de pansements anti-ampoules mais ma joie est totale d'avoir réussi ce magnifique trek qui restera certainement longtemps dans ma mémoire. Si je ne devais retenir qu'une chose, ce sont ces magnifiques papillons aux ailes translucides.

 

 

A+

*Cirque de Mafate: Lieu touristique sur l'île de la Réunion

Info: Donné pour 70 Km, le trek ne fait qu'une quarantaine de kilomètre jusqu'à Chairu (village où on retrouve la route et des transports aléatoires)

Avec l'entrainement convenable (15/20km par jour) il est facilement faisable sans guide ni agence. Le cout loc de tente, transport aller/retour, achat de provision m'a couté moins de 20 €). Il faut rester au moins une nuit à Coroico avant de revenir sur La Paz si vous avez loué une tente.

 


Publié à 20:27, le 21/03/2011, dans Bolivie, Coroico
Mots clefs : trek d'el Chorobolivie


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