Marche ou rêve, de paysage en paysages

Du sel d'Uyuni à la selle de cheval

Revenir en Bolivie! Une promesse que je m'étais faite à la fin de mon tout premier voyage "sac au dos" en 1997. Ce pays m'avait marqué avec seulement une petite semaine passée dans le Nord autour de La Paz.  Cela a pris un certain temps pour se concrétiser mais m'y voila, la patience paye.

Si la population d'Argentine et du Chili revendique indéniablement des racines européennes, la Bolivie reste profondément indienne. Les femmes aux chapeaux-melons et nattes dans le dos font partie du décor. Les infrastructures routières sont peu ou mal développées, l'organisation des villes pas très bien huilées. Bref un pays propice aux incertitudes et un peu d'aventure (où parfois simplement d'attente) qui par un certains coté furent un peu absentes pendant notre période Argentino-Chilienne (excepté la période des grèves à Punta Arena). Pour ne rien gâcher, le pays offre des décors naturels somptueux, de riches de fêtes culturelles traditionnelles, des climats qui varient des hauts plateaux des Andes jusqu'au bassin amazonien.  Bref, me voila à faire un résumé tel un guide touristique avant de visiter le pays. Pour l'heure nous sommes à Tupiza, une petite ville à sept heure de bus d'Uyuni. Sept heure de bus et sept heure de spectacles.

Ici, les ponts ne sont pas tous construits, les traversées de rivières peuvent s'avérer périlleuses pendant la saison des pluies... 

Ce camion en a fait les frais.

 

 Petit arrêt à Atocha, un petit village de mineur aux maisons en adobe (torchis) et toits de tôles mais desservi par le train.

  

 Vue de la gare,

et quelques instantanés dans la ville. 

 

Arrivé à Tupiza, nous avons opté pour l'activité de rando à cheval. Le cheval, nous en avions déjà fait mais pour des durées n'excédant pas deux heures. Ici on s'est lancé (soyons fous) pour deux jours pleins. Mais comme dit le dicton, c'est en cavalant qu'on devient cavalier.  On s'équipe de guêtres et d'un chapeau de cow boy et vamos par les canyons et villages de la région.

 

 La géologie Andine est taquine. Pendant des millions d'années, les couches de sédiments se déposent à l'horizontale puis par le jeux de la tectonique des plaques, elles se retrouvent à la verticale ensuite l'érosion fait le reste. Ce sont des paysages proches du Far West qu'on déguste sur des chevaux plutôt bien dressés. Le coté agréable c'est que nous sommes que quatre, guidé par un gamin d'à peine seize ans. Lizzy l'anglaise et Caroline l'allemande partagent cette balade avec nous.

 

     

Les deux dernières heures (sur sept) sont tout de même un peu pénibles. Mal aux fesses, ça tire sur mes jointures et les douleurs de vielles entorses au genou et à la cheville se réveillent. Mais comme dit Renaud, "c'est d' la plaisance, c'est l'pied, tatatinnn"

On traverse des hameaux qui vivent de l'agriculture grâce à la rivière toute proche. Je constate de nombreuses maisons abandonnées. L'exode rural est en route. Les villageois partent travailler dans les mines de la région plutôt que la terre ingrate(?). C'est le tranquille petit village d'Espicaya au pied d'impressionnantes falaises dans lequel nous passons la nuit. En me balladant je croise une mamie revenant des champs avec le fourrage sur le dos de son âne, des gamins morveux aux survêtements sales qui jouent aux foot tandis que les chiens errants dorment dans les rues en cette fin d'après midi qu'un petit orage vient clore. Un extrait de campagne Bolivienne

Retour des champs.

Ce qui est sûr, c'est que nous sommes tous claqués et à 9 heures du soir tout le monde au pieu dans un réfectoire rustique. Le lendemain, les courbatures aidant la ballade se fait plus tranquille avec beaucoup moins de trots pour nos membres endoloris. Comme dans les westerns, on traverse une rivière sur le chemin du retour. Seulement 70/80 cm et une quinzaine de mètre de large mais le courant est puissant et ce qui devait arriver...

Le cheval du guide glisse et désarçonne son cavalier. Le mien qui s'est engagé un peu plus en aval fait de même la tête la première dans l'eau, puis se relève vivement. Déséquilibré, je tire sur les rênes ce qui provoque un réaction instantanée de bascule en arrière mais les pattes postérieures se dérobent. Avec un brin de lucidité dans la panique, je m'accroche à sa crinière, inutile de blesser le cheval en tirant sur le mors. Malgré ces quelques secondes répit, il ne parvient pas à se relever et reste "à genoux" dans l'eau. Je descends donc et continue la traversée à pied. Je m'en sors bien avec de l'eau jusqu'à mi-cuisse. Lizzy, n'a pas pu se dépatouiller des étriers et a fait la bascule complète jusqu'au cou mais sans dommage au final. Je réalise que mon matos photos que je portais sur le dos aurait pu être foutu mais la chance a voulu que ça se termine en rigolade.  Sandra (où son cheval) plus prudente a attendu la fin des incidents pour traverser plus en amont tranquillement tirée par le guide.

L'inébranlable sourire et enthousiasme de Lizzy après la chute.

 La fin de la balade fut tout aussi laborieuse que la veille au niveau du squelette, des muscles et des articulations. Je soulage mon cheval pour les derniers kilomètres en marchant à coté car il ne cesse de boiter le pauvre. Il n'empèche que cette formidable balade restera longtemps dans ma mémoire. Le soir, tout aussi vanné, on repart pour le carnaval qui fait rage dans la ville mais ça c'est une autre histoire...

A+  

 

 


Publié à 20:16, le 7/03/2011, dans Bolivie, Tupiza
Mots clefs : Tupiza. busrandonnée à chevalbolivietransport


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