Marche ou rêve, de paysage en paysages

Equateur version montagne

Quilotoa

Après mon séjour prolongé en bord de mer, le retour en altitude fut laborieux. Adios bermuda, paillotes sur la plage et bonjour polaire et nuits glaciales dans les hauteurs andines. Ou comment changer de saison en dix heures de bus. Toujours en remontant au Nord, je souhaitais grimper sur un dernier sommet à 5000m. Le volcan Cotopaxi et ses 5897m s'y prêtait bien.

Mais avant de rechausser les crampons et d'affronter glaciers et pentes neigeuses, une petite acclimatation était nécessaire. Le village de Quilotoa à 3800m était idéal pour ça.

Des villages tranquilles et des champs multicolores semés dans le relief, vous ajoutez un magnifique lac aux eaux turquoises, voila ce qui justifie les visites dans le coin.

Le lac occupe le cratère d'un volcan dont les dernières éruptions dateraient de 1660 et 1859.

 

Un petit sentier descend pour accéder au bord de l'eau. 

 Idéal pour une petite acclimatation en douceur à regarder les nuages.

Le lendemain, le temps est variable, nuages et éclaircies alternent pour la rando qui fait le tour du cratère. Le sentier suit la crête et offre les points de vues sur le lac à sa gauche et la campagne environnante à sa droite.

14 km de montées et descentes de quoi réactiver les poumons aux efforts.

Une très belle flore s'apprécie tout au long de la rando.

 

Au loin le village de Chugchilan (faut le deviner). C'est l'objectif du lendemain, 12 km au programme que je ferai avec Alexandra, une allemande en voyage au long court rencontrée au gîte.

La rando longe quelque temps le lac de la veille avant de redescendre sur les pentes du volcan.

Ce sont maintenant des fermes isolées, des petits hameaux que l'on aborde. La balade dans cette campagne est agréable entre vaches, moutons, cultures diverses et variées. Ici le bloc parpaing a supplanté les constructions en adobe que l'on voyait beaucoup plus au Pérou et en Bolivie. La mode andine équatoriennes change aussi. Ici le chapeau ressemble à un borsalino. Homme et femme le porte agrémenté d'une plume sur le coté. Une queue de cheval enrubannée a remplacé les nattes et chacune d'elles portent un châle aux couleurs vives. C'est étrange que les communautés reproduisent à l'identique la mode vestimentaire... Enfin, nous voyageurs ne sommes nous pas tous habillés de polaire, coupe vent et chaussures de rando?  

Par chance on rattrape un tour guidé. Le chemin n'étant pas balisé, nous aurions été bien mal pour trouver le bon itinéraire.

L'érosion a sculpté abruptement des roches friables (sorte de gré ou sable compact) qui marquent le relief de petites gorges. Ces dénivelés pour les passages dans le lit des rivières valent leurs litres de sueurs. Après avoir eu froid, le soleil cogne. Au bout de notre rando, nous étions censés atteindre un petit marché andin mais nous arrivons trop tard. Les vendeurs de Chugchilan ont plié leurs étals. J'ai juste le temps d'acheter un petit encas sur une des rare échoppe qui brade ces derniers restes et je saute dans un bus bondé pour retourner sur Latacunga. J'ai rendez-vous le soir même avec un tour opérateur pour briefing et essai du matériel de haute montagne.

Dans le bus c'est le métro parisien aux heures de pointes, la musique andine, les habits traditionnels en suppléments exotiques. Je me retrouve dans l'allée centrale et je constate qu'il faut aimer le contact humain. C'est sans doute ce que pense le mec complètement bourré qui prend appui sur mon dos pour se maintenir. Chaque coup de frein du bus, il fait bien savoir qu'il est là (ou las). Une bonne heure à le supporter avant qu'une place assise ne se libère (et que je me libère du type). Quelques passages un peu justes pour le rayon de courbure du bus qui frôle le ravin mais après la Bolivie je dirais c'est de la gnognote (ou l'habitude).

 

Cotopaxi

Un Cotopaxi facile que ça (cherchez, il doit y avoir un jeu de mot quelque part...)

Cette fois c'est avec Sarah une Irlandaise vivant à New York qui termine ses 4 mois  de trip sud Américain que je vais tenter l'ascension du volcan. Deux tours opérateurs différents mais logistique commune. Nous avons cependant chacun notre guide.

On est laissé à une petite heure de marche du refuge qui culmine à 4810m. Le temps est à la pluie qui se transforme en tempête de neige au cours de la montée.

Grisaille, grisaille. Ce n'est pourtant pas une photo retravaillée en noir et blanc. Ça ne sent pas bon pour l'ascension du lendemain.

Même en montagne, certain recherche le signal du téléphone portable. Je suis bien content de m'en être libéré durant cette année sabbatique.

 En soirée, on reprend espoir. Éclaircie, ciel bleu et couché de soleil magnifique.

 

 Il nous attend. L'ascension commencera à minuit.

 Le vent reste vif malgré tout et  je profite du soleil pour quelques photos souvenirs.

Un joli refuge. Nous sommes quatre personnes accompagnées de trois guides à tenter l'ascension demain.

En attendant, on profite d'un beau couché de soleil.

 

 mais les nuages ne sont pas loin.

Francisco, mon guide est un vieux des montagnes comme il dit. Quarante sept ans, un gabarit de costaud, une gueule à la Walter Spanghero (s'cusez les références par trop rugbistique). J'apprécie le bonhomme calme mais qui agit. Il diffère des deux autres guides tout juste la trentaine.

 

Minuit l'heure du crime (non, ça c'était quand j'étais gamin). Minuit, réveil des randonneurs même si je n'ai pas dormi. Horaire inhabituel, froid, altitude, nervosité obligent. Le vent n'a pas cessé de souffler. Je sais par un aller retour au toilette que la neige s'en est mêlée. Effectivement, il est impossible de monter dans ces conditions. Les guides reproposent de se lever vers 4H du mat et de grimper jusqu'au glacier, d'ici là le vent se sera peut être calmé voir amorcé une accalmie.

Vers 4H, Francisco me réveille. Un petit-dej léger et nous voila à affronter le vent, la nuit et la neige. Le rythme est lent, je n'ai aucune peine à le suivre et je pense que c'est pour cette raison que nous sommes partis avant les autres. Au bout de cinq minute il me demande si ça va puis nous continuons. Le vent est fort, les flocons me cinglent le visage et rien n'existe d'autre que les traces de pas qui me précèdent éclairés par ma frontale. Certain passage la neige s'est accumulée sur plus de 50 cm. Je me demande qu'est ce que je fous là? Moi où ce qui est appelé "la montagne" dans ma région natale ne culmine qu'à 600m, qui n'avait jamais chaussé de crampon avant ce voyage et dont l'expérience en haute montagne date d'il y a 3 mois à peine. Tout va bien, je m'interroge sur les risques de cette montée par une tempête pareille mais tout repose sur Fransico en qui j'ai confiance.

Après 1H30, Francisco se retourne, un congère s'est formé sur son nez, ma barbe doit être pareille. Il me dit que le vent ne s'est pas calmé, ce que j'avais constaté car j'ai failli perdre l'équilibre plusieurs fois dans le dernier quart d'heure.

Je lui demande si continuer est dangereux, il me répond que oui. Je lui répond que c'est lui le guide et à lui de décider. On est au environ de 5200m. A ma surprise on continue à monter. Quinze mètre de plus et il se retourne de nouveau. Je comprend qu'il veut que ce soit moi qui donne le signal. Alors je lance le "regresamos" libérateur, il s'excuse... Je ne lui en veux pas car il n'est pas responsable du temps. J'étais bien, pas froid, pas fatigué, pas de mal d'altitude (que je n'ai jamais eu), c'est donc la météo et le bon sens qui nous a fait abandonner.

On ne croise personne au retour, tout le monde est resté couché et même s'il n'y avait rien à voir l'expérience valait d'être vécue (au moins une fois dans sa vie).

 

Retour au refuge. On est trempé, les fins flocons de neige se sont infiltrés partout, sous mon poncho et sur mon appareil photo (après je me demande pourquoi j'ai des problèmes avec mon matos).

 

 

Quand Sarah se réveille et comprend qu'elle ne montera pas elle est furax. C'était sa dernière ascension et même s'il n'y avait rien à voir elle voulait grimper un peu, aller au bout de ses limites, comme nous... Son guide a prétexté qu'il ne voulait pas se mouiller pour rien... D'ou l'importance du guide dans ce genre d'expédition.

A+.

NOTA:

Je suis passé par l'agence Tierra Zero à Latacunga. Bien, professionnel et surtout choix du "bon" guide.

Adresse: Padre Salcedo St. 4-38 y Quito St. à Latacunga.

150USD les deux jours

 

 


Publié à 19:00, le 14/07/2011, dans Equateur, Equateur
Mots clefs : cotopaxiChugchilanQuilotoaéquateurAscensionrandonnée


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