Marche ou rêve, de paysage en paysages

Dans la peau d'un supporter de Rugby

Je suis en rage, paniqué, désabusé, mon coeur bat à cent à l'heure. Je marche de long en large du terrain de rugby avec la housse vide de mon appareil photo... Putain, on me l'a encore volé, je cherche, je cherche comme un fou qui a bien pu faire ça... Maintenant, les all blacks ont fini le haka et m'attendent pour commencer le match ce qui me rajoute encore plus de pression et de confusion... D'ailleurs, c'est étrange on est pas en Nouvelle Zélande mais sur un terrain entouré de sommet enneigés que j'ai atteins après deux jours de marche dans les montagnes Andines... Je n'en peux plus... Je ferme les yeux.

Quand je les rouvre, je suis dans mon lit, logé dans un backpacker à quelques encablures du mythique Eden Park à Auckland... Sacré rêve. C'est peut être normal tant cette attente me travaille. Ce soir, un moment inconcevable va se concrétiser, ce soir que j'assiste au match Nouvelle-Zélande / France ici pendant la coupe du monde de rugby. Gamin, je ne me l'imaginais même pas, aujourd'hui c'est une réalité.

***

Il faut dire que depuis le début de la compétition tout le pays baigne dans l'ambiance rugby. Même dans les petits recoins perdus ou j'aventure mon camping-car, il y a toujours un drapeau All blacks accroché sur les portails à l'entrée des fermes, un "GO ALL BLACKS" peint en gros sur les murs, les bottes de foins ensachées. De plus chaque soir je m'offre quelques bières devant le ou les matchs du jour, ici c'est à l'heure de l'apéro, ca anime un peu mes soirées dans les bourgades endormies que je traverse.

J'ai toujours pensé être un amateur averti plutôt qu'un supporter braillard mais le petit séjour à Napier pour le match France / Canada a fait monter l'envie et l'engouement que j'avais pour le rugby. Retrouver les compatriotes rugbyfiles, parfois un brin franchouillard, ça change des autres français voyageurs sac au dos comme moi que j'avais croisé jusque là. Ce qui importe c'est que je suis bien, on discute avec des gens de toute la France, des jeunes, des couples, des présidents de petits clubs, un entraîneur de gamins partagés entre son boulot dans les fromages de chèvre sa passion pour le jeu, d'anciens qui a 58 ans jouent encore. Bref, chacun a son histoire et vient réaliser en Nouvelle Zélande le rêve de suivre la coupe du monde dans ce petit bout de planète perdu dans le pacifique.

A Napier, j'ai donc assisté à l'arrivée des bleus dans l'aéroport plutôt qu'une énième balade en campagne. Accueil par les sommités locales, les ado de la chorale maori et puis une centaine de Français et Néo Zélandais venus pour une photo, un autographe ou comme moi regarder les joueurs, entraîneurs et staff technique.

Ils sont là tout près, je pourrais donner une brave tape sur l'épaule de certains joueurs, les encourager mais hormis de stupides banalités je n'ai rien à dire de franchement intéressant. Je les connais mais eux non...  Etre spectateur suffit à mon plaisir. Encore en civil, mon besoin d'appartenance se fait ressentir et j'achèterai au des mon retour en ville un maillot bleu , c'est cher, ils en profitent mais je suis trop cocoricoooo.

Quelques portraits mais l'essentiel de l'émotion n'est pour une fois pas dans la photo...

 

A Napier, jolie petite bourgade en bord de mer, c'est l'effervescence. Chaque rue supporte une des trois équipes qui viendra jouer ici (Japon, Canada et la France). Les commerces présentent des drapeaux, des tours Eiffels, les cafés ont remplacé brownies et muffins par croissants et brioches. Opportunistes sans doute mais cela me fait plaisir. A coté du mach et de l'ambiance, la ville offre un certain charme rehaussé par des chanteurs de rues ou des fanfares de cornemuses. Nivelée par un tremblement de terre dans les années trente, la reconstruction s'est faite sur une unité d'art nouveau. Ce ne sont pas des buildings imposants mais tout est en finesse si l'on veut bien jeter un oeil attentif aux façades.

Napier, l'ambiance, le match, les supporters en melting-pot photos.

 

 

 

   

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Entre les matchs, je continue mes balades à l'affût de photos entre campagne et bord de mer tout en remontant sur Auckland. 

 

 

Auckland, une ville charmante qui se remarque par la sky tower s'élancant au dessus des autres batiments. Ici, les architectes n'hésitent pas à mélanger l'ancien et le moderne. Sur Queen street l'artère principale on retrouve les grandes marques, une population asiatique bien marquée et un nombre important de restaurants de sushi, ceci expliquant cela. En attendant, je loge chez harry, un indonésien expatrié ici qui m'accueille par le biais du couch surfing.

 Entre le port et les petits volcans parsemés dans la ville, je prend mon temps avant LE match. L'annonce de celui-ci qui revient incessamment dans les journaux, à la radio. Il y a un sentiment de revanche entre nos deux équipes.

 

Puis enfin un 24 septembre qui restera dans ma mémoire: Haka contre marseillaise à Eden Park, ma petite larme d'émotion, les déguisements et toujours l'ambiance bon enfant du rugby.  Allez les bleus contre All Blacks, All Blacks... On est plus supporter qu'eux, sans doute parce qu'ils gagnent souvent à la fin, ils n'ont pas besoin d'encouragements... Ils n'applaudissent que pendant les essais. Si j'avais fait comme eux, j'aurais eu encore ma voix le lendemain.

Certains font de véritables efforts creatifs.

d'autres sont plus classiques mais tout aussi efficaces...

Je me contente du maillot...

 

Les kiwis sont confiants, les froggies contents...

d'autres plus réservés (pourtant c'était avant le match). Clin d'oeil à la Réunion, ou je retrouve mon chef jean-Pascal, lui aussi fan de rugby, venu pour le match. L'occasion de se boire une petite bière à la mi-temps, des retrouvailles loin de nos bases, fort sympathique. 

Quand je serai vieux, je pourrai dire "Ben moi quand j'étais la bas, j'ai vu le haka"

La suite vous la connaissez, pas de photos non plus, trop pris par le match et l'action de supporter menée a corps et à cris avec deux autres compatriotes expatriés que le hasard avait regroupé sur trois sièges contigus. Apres un tel résultat on est obligé de noyer sa déception dans la bière avec les connaisseurs du coin. Je suis rentré à l'aube, des années que cela ne m'était pas arrivé. Voila, ce que c'est qu'entrer dans la peau d'un supporter de rugby.

A+ 

 



Publié à 15:59, le 29/09/2011, dans Nouvelle Zelande, Nouvelle-Zélande
Mots clefs : all blackcoupe du monde 2011napierFranceCanadaaucklandambianceRugbyNouvelle Zélande


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