Marche ou rêve, de paysage en paysages

Du battant des lames au sommet des montagnes, voir un peu plus, un peu moins

Des fonds marins aux sommets des volcans.

Avec Benoît, nous avons quitté Bali pour Lombok. Une île toute proche que l'on rejoint via un ferry poussif en 5 heures de navigation calme sous un soleil de plomb. Un confort rustique pour une traversée qui a au moins l'avantage d'amorcer quelques petites conversations avec des Indonésiens curieux tel ce commercial venu de Java pour vendre des télécommandes de télévision, un vendeur d'artisanat qui prend rendez-vous avec nous au cas ou l'on passerait par son magasin ainsi qu'une petite responsable de laverie qui est en arrêt suite à l'absence de distribution d'eau dans sa ville... Bref, des petits destins croisés ou chacun vaque à ses occupations et tracasseries de la vie quotidienne.

Un fois accostés, nous reprenons la route en mini-bus pour deux petites heures de circulation "tropicale". A première vue l'île semble plus sale, moins prospère que sa voisine, ici la sécheresse est plus marquée mais ce qui diffère le plus, ce sont les mosquées en lieu et place des temples hindous. Des impressions sommaires en roulant, le temps de rejoindre une plage d'ou partent les navettes de bateaux qui font la liaison avec Gili Trawangan, notre destination finale.

 

Ce qu'on appelle les "Gili island", ce sont trois îlots aux plages de sable corallien entourés d'eau turquoise. Trois petits bouts de terre ou s'est développé une activité touristique aux différentes graduations: On peut choisir du plus développé au plus isolé . Nous avons préféré celui qui présentait les possibilités de plongée optimum pour justement aller voir ce qu'il y a sous le battant des lames...

Après une dizaine de minutes de bateau traditionnel aux formes effilées, nous accostons sur la plage. Pas de jetée ici, on descend les pieds dans l'eau et le sac à dos sur les épaules. Comme à mon habitude, je n'ai rien réservé et il ne faut pas longtemps pour se faire accoster par un rabatteur et trouver un petit logement bon marché après une brève négociation. Généralement, le prix est mon principal critère de sélection (avec la propreté aussi), je ne m'embête donc plus à farfouiller dans le guide... L'option du rabatteur est aussi celle qui fait gagner du temps et puis évite de retrouver les possesseurs du Lonely planet ou du routard au même point de chute.

 

 

A Gili Trawangan, il ne faut pas espérer voir  un petit village de pécheur avec quelques logements chez l'habitant. J'avais eu la chance de connaître ce genre d'endroit isolé aux Phillipines dans un précédant voyage, ici au contraire ce ne sont que des résidences touristiques  allant du resort chic, des bungalows de charme jusqu'au petit logement simple avec eau froide et ventilateur. Entrecoupés entre les différents types d'hostellerie, se trouvent nombre de restos, bars, commerces et clubs de plongée...  Un des bon coté, c'est que les deux roues a moteur sont exclus. Tout le monde à pied, en vélo ou en charrette à cheval sur la route unique qui borde la plage et fait le tour de l'île. Quelques rues partent dans le centre de l'île, l'endroit ou dorment et logent tous les employés des activités touristiques mais c'est tout. Cela reste relativement calme surtout que nous sommes hors saison.

 

Pas vraiment d'authenticité mais cela reste agréable de dîner en bord de mer avec les resto qui présentent les poissons et fruit de mer frais sur les étals. Et comme la plongée en bouteille était ma principale raison de venir ici, je suis comblé. Benoît a aussi trouvé son bonheur avec l'apnée ou il est allé affleurer les 30m...

Une petite pause balnéaire dans mon voyage entre jolis fonds marins, matchs de rugby qui par chance sont retransmis dans un pub irlandais / bar de plage... Un mélange assez surprenant mais finalement, peu importe le décor, pourvu que je voie le match. (surtout qu'on a tapé les Anglais).

Le tour de l'île en vélo est assez plaisant quoiqu'il faut donner du jarret dans les zones ensablées. Cela offre quelques beaux paysages au crépuscules ou au levant.

Le mont Agung au coucher du soleil en dégustant une bière fraiche assis sur le sable. On est bien.

 

 

Les contreforts des volcans de Lombok.

 

Le mont Rinjani, un autre volcan, une prochaine destination.  

 

Après une petite semaine ici, les trois plongées que j'ai faites se sont avérées très belles mais le fourmillement caractéristique dans les jambes me reprend. Il est temps de quitter ce coin. Le mont Rinjani est un volcan dont l'ascension du sommet se fait en trois jours, un bien joli trek qui s'annonce. Je reprends le voyage en solitaire car les deux semaines se sont vite écoulées avec Benoît. Arrivé avec son besoin de décompresser, on en a pas moins parlé boulot car quand un gars du BTP rencontre un autre gars du BTP, ils se racontent des histoires de BTP... Bref, CCTP merdique, pénalités de retard, courrier recommandé, sous traitants défaillants, architectes plus que nuls, maître d'ouvrage, pilote, maître d'oeuvre, combine de chantier, astuce et technique, réussite ou chantier catastrophe. Un rappel du vocabulaire et du contexte avec lequel je vais renouer dans un mois. Un avant goût à la reprise... Là encore, le retour se fait de plus en plus pressentir. En attendant, merci de ta venue Benoît et c'est agréable que tu te sois calé sur mon rythme, ma manière de voyager. 

 ***

 Trois jours pour ce qui sera ma dernière ascension de ce voyage. 3726m, des forets tropicales, lac et caldeira, source d'eau chaude: Un programme réjouissant.

Lors de la journée de transit pour rejoindre le départ, je suis allé jeter un coup d'oeil sur deux belles cascades autour de Senaru le  village d'ou part la randonnée.

Le sommet Rinjani est celui qui se dessine au dernier plan.

Rafraîchissante balade puisqu'on peut y faire trempette au pied des chutes.

 

 

 Et toujours l'étonnante végétation tropicale conservée dans ces petites vallées.

 

Au lendemain, les choses sérieuses commencent. Huit heures de grimpette mais fractionnées avec de nombreux arrêts. En attendant je marche avec un petit groupe à majorité de Français et c'est un plaisir de parler rugby avec Cédric (et Jennyfer) , un connaisseur puisque joueur tout en avançant tranquillement. Ici pas de mules ou d'ânes pour la logistique. Tout se fait à dos de porteur, 30 kilos sur une traverse en bambou et en sandale deux doigts... 

La rando monte jusqu'à une transition avec une sorte de savane sèche calcinée par des incendies. Les petits kiosques ou l'on s'arrête sont parfois occupés par des macaques qui viennent glaner, fouiller les poubelles.

Le premier bivouac se fait à une demi-heure du bord de la caldeira, c'est un peu dommage de ne pas grimper pour la vue sur le lac réservée pour le lendemain. En attendant, le coucher du soleil est bluffant car de notre altitude on surplombe les nuages.

 Spectacle de la nature...

 Des paysages pour la méditation...

Une île dans une mer de nuages

Dernier éclat dans le couchant.

Incandescence solaire...

 Contre-jour en format paysage

ou format portrait.

 

Le lendemain, levé vers 6h et petite déception à l'arrivée sur la caldeira... Un voile brumeux s'étend déjà dans l'atmosphère... Je suis surpris que les UV qui blanchissent le ciel soient si puissants en ce début de matinée. Malgré une heure favorable pour les photos, les résultats ne sont pas bons...

Je comprendrai un peu plus tard que cette atmosphère brumeuse vient des fumées d'un feu de broussailles...

Assez surprenant dans un parc national, les cuistos font les repas au feu de bois pris directement dans les forets... Pas très respectueux du milieu ambiant de plus qu'avec le grand vent qui s'est levé il est grandement probable que ces incendies soient le fait des innombrables bivouacs des trekkeurs. Jamais je n'ai autant ressenti l'impact du randonneur sur l'environnement qu'il visite, malgré la communication du parc s'évertuant à demander de ne laisser que nos traces sur le chemin...  

 

Autres points négatifs, ce sont les déchets qui jalonnent le tracé et aussi aux zones d'arrêt , c'est dommage car le spectacle lui m'en met plein les yeux. ça gâche un peu le plaisir.

En attendant, une petite baignade avant les dernières grimpettes.

une fraîche.

 

Puis une chaude.

Massage thermal naturel.

Bien agréable sauf que les trois heures suivantes seront éprouvantes avec une montée plutôt raide sous un cagnard terrible dans les herbes brûlées.

 La deuxième nuit est situé face à un superbe panorama qui surplombe le lac.

Avec un repas au couchant de toute beauté.

 

Un fort vent s'est levé. Au réveil à 3h du mat, le guide n'est pas très enthousiaste. Les rafales puissantes compromettent l'accès au sommet. Il a fallu le forcer un peu pour qu'on accède sur la crête où nous devons rebrousser chemin faute au risque de culbuter dans une descente d'où on ne remonte plus. Alors dans les bourrasques de poussière qui cinglent les yeux, on redescend au camp, pour dormir quelques heures avant le lever du soleil... 

Parti un peu en dessous du battant des lames, je n'ai pas eu le plaisir d'atteindre le sommet... Un peu plus, un peu moins comme le dit le titre de l'article.

Je regrette de n'avoir pu conquérir cette dernière petite cime mais la météo comme pour l'ascension du Cotopaxi est restée maître du lieu.

***

Retour à Bali. (Tulamben)

 

Comme je n'aime pas rester sur un semi échec, je me suis offert une dernière campagne de plongée. Un peu intensive puisque j'ai succombé à l'offre de 5 immersions (pour moins de de 100 euro) autour de l'épave de l'Usat Liberty en moins de 24 heures. j'étais pourtant parti pour en faire une seule.  Après 11 mois me voila un peu serré par mon timing, un comble. En attendant, le club tenu par un français est sympa et surtout j'ai la chance de plonger avec deux dive-masters fraîchement diplômés et franchement enthousiastes. Suffisant pour faire la pub de  dive concept.

L'Usat Liberty est un cargo américain de 120 m de long bombardé par les Japonais pendant la seconde guerre mondiale. Ne pouvant continuer sa route, il est échoué sur la plage de Tulamben. Une fois la cargaison récupérée, il est laissé à l'abandon. Une éruption plus tard, la lave le repousse dans l'eau en 1963 ou il s'enfonce de 15 à 30m de profondeur. C'est aujourd'hui un véritable enchantement. Les coraux ont envahi chaque morceau de métal fer et une intense vie marine s'y est développée.

Plongée de jour, de nuit (exceptionnelle) dans les luminescences du plancton qui s'éclaire en agitant l'eau, des crabes dont les coraux ont envahi la carapace qui en font d'étranges plantes marchantes. Il y a aussi un énorme banc de carangues et des petites pénétrations entre les trous de la coque, passages serrés entre les anciennes poutrelles qui structuraient la coque. Les autres sites à coté sont tout aussi somptueux. Un feu d'artifice pour achever ce voyage qui ne se traduira pas en photo mais que je range dans mon top 5 des plus belles plongées de ma vie.

Voila, vont s'écouler des jours tranquilles (ou pas) avant un retour de plus en plus imminent.

A+

 



Publié à 14:58, le 20/10/2011, dans Indonesie, Lombok
Mots clefs : usat libertyMont RinjaniLombokTulambenGili Trawanganindonésietrekplongee


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