Marche ou rêve, de paysage en paysages

De Robinson Crusoe à Indiana Jones

Avec un titre pareil, vous allez penser que j'exagère. Vous aurez raison. Mais que voulez vous, il faut bien accrocher les lecteurs.

Il était une plage...

Le club de plongée Calyspo de Taganga a un énorme avantage par rapport à la concurrence, il est le seul à pouvoir organiser des plongées dans l'enceinte du parc de Tayrona en raison de ses travaux de réimplantation de corail. Et c'est donc une jolie petite plage enserrée dans les collines verdoyantes qui sert de camps de base pour partir en plongée.  

 

 

Trois jours et deux nuits d'isolation à dormir en hamac sous une paillote, profiter du soleil, lire et découvrir les superbes fonds caraïbéens avec sept belles plongées dont une nocturne.

Le campement se trouve littéralement sur la plage enfin juste sous les derniers arbres en transition avant le sable blond. Une heure de bateau depuis Taganga et c'est le petit coin tranquille rêvé. La plage est isolée dans une baie atténuant la houle atlantique. S'il faut parler couleurs, c'est forcement le turquoise qui domine le paysage. Sous l'eau poissons et coraux se partagent les teintes multicolores. J'aime la plongée. Une activité à la fois physique et contemplative. Bref un petit bout de planète et de nature domestiquée juste ce qu'il faut  et vous comprenez aisément pourquoi je n'aime pas les grandes villes. 

 

Les installations sont rustiques, voir sommaires mais adaptées à mon goût.  De toute manière la priorité reste les plongées et les fonds de la zone ont tout pour me plaire.

  

 

Même si plus ou moins vu dans l'article précédant, j'en remets une petite couche si des fois vous vouliez vous laissez conquérir par le monde du silence. 

 

Ce petit isolement tropical n'était pas tout a fait comme celui de Robinson Crusoe mais il faut se laisser aller à son imagination. Ce blog ne s'appelle pas marche ou rêve pour rien. Et la marche c'est l'étape suivante...

 *** 

Il était une cité perdue...

Les Tayronas, un peuple pré-colombien qui occupait la sierra nevada de Santa Marta. Routes, villes, villages s'éparpillaient dans ces montagnes à proximité de l'océan. Quelques décennies après l'arrivée des Espagnols, ils furent décimés, intégrés par métissage sans que ces villes ne soient découvertes. 

Une d'entre elle fut abandonnée pour éviter de tomber aux mains des conquistadors et cette ville dont on ignore le nom n'a été redécouverte qu'en 1976. Plus de 400 ans d'oubli dans une végétation luxuriante et à 4 jours de marche du dernier bout de piste lui même à une heure de 4X4 du dernier bout de route bitumée.

Les agences touristiques proposent maintenant de visiter cette cité perdue. Cinq jours de marche dans une forêt tropicale, à traverser les rivières, à affronter les moustiques et grimper ces montagnes par une chaleur et humidité accablante. C'est moyennement difficile  (tout dépend de son état de forme) mais une formidable plongée dans la chlorophylle.

 Les rares plans larges pour apprécier le paysage.

La plus part du temps, on est dans le vert.

 

 

Une ou deux traversées de rivières à gué par jours.

 

Des pauses régulières pour des plongeons rafraîchissants.

A la question posée: Est ce une forêt humide ou une forêt de nuage? Peter répondu, avec une finesse toute anglaise, "that 's a sweating forest", c'est une forêt de sueur. La traduction en français perd un peu de son sel mais ça sonne bien "in english". Transpiration,  humidité, moiteur, sueur, rivière, baignade, pluie, crachin, déluge. Ici l'eau règne en maître et sous toute ses formes. Vous aimez le sec, il faut aller voir ailleurs. Passée la première baignade dans une petite piscine naturelle, je ne sécherai plus vraiment pendant les cinq jours suivants. 

Les oiseaux sont présents car je les entendais chanter mais impossible à accrocher sur le capteur. Je me rattrape avec la végétation.

Jusqu'au premier jour et demi, les portions de forêts alternent avec des zones de cultures ou pâturages jusqu'a la plongée dans la forêt. 

Il y a encore cinq ans, la coca était cultivée ici. Aujourd'hui les paysans se sont recyclés dans l'agriculture autorisée: Café et paturage pour les zébus.  

Petit quizz: Combien de nuance de vert sur ce cliché?

Ou sur celui-la?

Ou bien celui-ci

La plus grosse rivière se traverse dans une cage suspendue sur un câble et tirée à la corde. Là s'arrêtent les mules.

 

 

Les kogis

Les descendants des Tayronas se nomment Kogis et vivent encore dans ces forêts montagneuses. Ils ont gardé un mode de vie à l'ancienne. Ne cédant au modernisme que les bottes en caoutchouc ou l'acceptation de bonbons par le guide (qui n'est pas une bonne chose). 

Maisons rondes ou carrées, toits de chaume. Il y a toujours quatre ou cinq gamins autour des villages qui viennent regarder les gringos passer. 

 

 

La tenue vestimentaire est uniquement composée d'habits blancs. Parfois un T-shirt XL sert de robe/habit aux gamins.

Les bivouacs se font sous des auvents, toits en tôle, charpente simpliste et sans cloisons. Nous dormons dans des lits ou hamacs avec moustiquaires, la cuisine est au feu de bois et dîner aux chandelles. C'est simple et ça me plait.

Pour la logistique de notre groupe de 15 personnes, nous avons un guide, un cuisinier et un aide plus une mule pour le transport de la nourriture les deux premiers jours.  

Et enfin la cité perdue...

Il ne reste principalement que les escaliers, les murets de terrasses et fondations d'anciennes demeures mais l'ensemble est bien restauré et la mousse couvrant les pierres donnent une patine ancienne créant une ambiance particulière. Nécessitant quatres jours de marche, il y a un petit parfum de victoire en arrivant en haut des 1200 marches de pierre avant d'atteindre la cité. 

Une ambiance similaire à celle du Machu Pichu lorsque je l'avais visité la première fois en 1998. C'est a dire beaucoup moins de touristes et un sentiment d'achèvement, de réussite.

 

Reproduction des habitations Tayronas.

Le saut du guignol, ça faisait longtemps...

Le site achéologique n'a rien de franchement spectaculaire, mais je recommande chaudement cette balade où les 5 jours de marches valent autant que l'aboutissement et la découverte de la cité.

 

Petit matin sur les forêts qui couvrent les collines

Les deux seuls piafs que j'ai pu prendre... Pourtant la zone possède plus d'espèces d'oiseaux que les États Unis et le Canada réunis. A l'inverse des Galapagos, la concurrence exacerbée et les prédateurs omniprésents rendent les oiseaux craintifs.

Ici un dusky-capped flycatcher (Myiarchus tuberculifer)

Crested guan (Penelope purpurascens)

Quinze personnes composaient notre groupe. L'homogénéité des âges, de la forme physique, des attentes ont permis de vite créer des liens de sympathies. Tous trentenaires ayant fait des études secondaires les contacts se sont vite noués lors des soirées arrosées d'aguardiente ou de whisky. Australien, Allemand, Anglais, Belge, Écossais, Espagnol, Grec, Hollandais et moi le frenchy pour conclure. Une sorte d'auberge espagnole du trek.

La photo finale des Indiana Jones de pacotille, aventuriers de la cité perdue. Puants, fatigués mais heureux après 48 km, des litres de sueur écoulés, des dizaines de piqures de moustique. Un trek qui se mérite.

 

Maintenant, retour cap au Sud

A+

Merci à Marco raman pour m'avoir donné les noms des oiseaux

 



Publié à 15:00, le 22/08/2011, dans Colombie, Colombie
Mots clefs : lost citycitée perdueparc los nevadossanta martatrek ciudad perdidatagangacolombieplongee


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