Marche ou rêve, de paysage en paysages

En transit au Chili

Onzième passage de la frontière Chilienne pour ce qui sera le dernier article en terre américaine. Revenir ici et c'est retrouver quelques repères comme les rues Bernardo O'Higins, José Manuel Balmaceda, Pedro Montt, Arturo Pratt et autres héros Chiliens que l'on retrouve systématiquement dans chaque ville. Et puis il y a le vert et blanc des carabineros, les meutes de chiens errants, les  villages aux maisons de bois et de tôles ondulées colorées, les fils électriques qui s'entortillent en noeuds bizarres autour des poteaux... En dehors de ces clichés, cela me fait plaisir de revenir dans ce pays.

 

Le Chili propose un urbanisme caractéristique qui ne doit rien à la finesse, il ne s'offre pas comme ça au premier abord. Il est  frustre, basique, rustique mais une population attachante, fraternelle contrebalance vite cette première impression. Seule la gastronomie ou l'emblématique churascos palta* des petits commerces ne restera pas un moment d'exaltation des saveurs. A l'heure du bilan plus ou moins formulé de ces neuf mois sud américains, il restera comme un des pays les plus marquants.

Ma sensibilité accrue pour les paysages en est sans doute la cause. Les déserts et les volcans autour de San Pedro de Atacama et le sud lipez Bolivien resteront un passage fort de mon voyage. 

Sans faire offense aux autres pays qui ont chacun leurs coups de coeur et lots d'émotions associés, le Chili fut sans doute la surprise.  A l'origine, je n'avais prévu que deux incursions: Une au Torres del paine et l'autre à San Pedro de Atacama mais les rencontres, les conseils et un itinéraire souple m'a permis de modifier mes plans et je ne le regrette pas bien au contraire. 

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Valpo et ses couleurs.

En ce 27 août, c'est pourtant une matinée de fin d'hiver austral avec pluie fine et nuages bas couvrant les collines qui m'accueille. Mais peu m'importe, je me sens bien et plutôt que Santiago et ses manifs étudiantes, j'ai décidé de passer mes quatre jours de transit à Valparaiso.

 

Premier port historique du Chili et étape incontournable des navires remontant du détroit de Magellan, Valparaiso connut son apogée dans le commerce maritime jusqu'à l'ouverture du canal de Panama. La particularité de la ville tient à son urbanisme hétéroclite et coloré qui se déploie sur les contreforts des collines face à une baie s ouvrant sur le Pacifique.

Ici, on n'est pas frappé d'alignement, bien au contraire, ce serait des rues anti-haussmaniennes par excellence dès qu'on amorce le relief. On quitte bien vite les rectilignes bâtiments coloniaux  pour se balader avec plaisir dans un enchevêtrement de ruelles, d'escaliers et de funiculaires que les graffeurs ont pris d'assaut. Mais il n'y a pas que ça. C'est le mélange de tout ce que l'architecture a pu inventer en s'adaptant dans les espaces restreints et pentus. Toits à deux ou  quatre pans, fermes, noues, balcons, balconnets, grilles au fenêtre, garde corps forgés, en bois en béton. Tout se mêle joyeusement, indistinctement. Des panoramas en surplomb de la ville,  on voit de fines tourelles à tuile d'ardoise, des échauguettes colorées ou des  têtes de palmier qui émergent entre les facades aux teintes multiples sur fond d'azur du pacifique. D'agréables balades et inspirations photographiques colorées. 

 

 

 

 

 

 

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De Valparaiso, j'ai rayonné sur deux petits villages alentour: Quintay, un petit village côtier et son ancienne usine baleinière et ses deux clubs de plongée. Dans les eaux à 12ºC du courant de Humbolt la vie maritime est plutôt pauvre et j'ai loupé le lion de mer qui est passé à l'arrière du groupe en tout cas la plongée fut technique et pas très bien assurée pour ma part.

Je pense qu'il m'aurait fallu une ou deux plongées de plus pour bien maîtriser ce nouvel environnement. Bousculé par les vagues manquant de cogner le bateau avec la tête, une combi qui ne fermait pas très bien au niveau du cou, une descente le long de la corde avec une visibilité de 5/6m dans un bleu/vert inhospitalier  et surchargé de 12 kg modifiant mes repères de flotabilité, je n'ai pas fait la meilleure plongée de ma vie. Arrivé en bas, j'avais déjà pompé un tiers de ma bouteille. Donc plongée courte mais suffisante.  L'ambiance était pourtant sympa dans le petit groupe,d'habitués du coin qui venaient faire leur sortie dominicale. ici, on se salue en se frappant mutuellement le dos, les mains jointes comme pour un bras de fer, puis les corps s'éloignent pour serrer cette fois la main de son compère "normalement". c'est toute une technique.

Pour me remonter de cette expédition un poil décevante, j'ai dégusté une méga salade crabe dans le petit resto face à la mer renouant ainsi avec mon petit rituel Réunionnais du plongée / resto du dimanche matin

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L'isla negra (l'île noire) qui comme son nom ne l'indique pas n'est pas une île mais un village côtier et on y vient pour visiter la dernière résidence de Pablo Neruda. Une riche demeure du poète, enfin riche d'objet de collection. Des bonbonnes en  verre de couleurs, des papillons, coquillages ou des figures de proues de bateaux anciens. La visite de cette maison musée vaut le coup d'oeil et pour parfaire ma connaissance Chilienne me voila a m'offrir pour mon anniversaire un livre du poète. Dans tout les cas, cette journée toujours un peu particulière et accompagnée de Thomas et Maria deux irlandais en vadrouille.

 

On n'est pas sérieux quand on a 37 ans, c'est pourquoi la trente huitième devra être sans doute moins bougeante mais qu'importe, une traversée du Pacifique m'attend. Je quitte l'Amérique du Sud non sans une petite pointe de nostalgie car au moment ou j'écris des centaines de paysages, d'impressions, de moments me reviennent en tête. Neuf mois fabuleux. Maintenant, c'est l'ouverture d'une nouvelle étape dans le dernier trimestre a venir.

A+

 

  *sandwich d'une fine tranche de boeuf enrobée de pâte d'avocat + mayo + ketchup

 

 

 

 

 



Publié à 15:16, le 29/08/2011, dans Chili, Valparaíso
Mots clefs : quintaychiens errantspaysages urbainsvalparaisochiliPablo NerudaIsla Negraurbanisme


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