Marche ou rêve, de paysage en paysages

Une entrée au Pérou par les eaux

A y réfléchir, les petits ennuis de voyages sont toujours des prétextes à rencontres, le petit grain de sable dans un voyage parfois un peu trop huilé est générateur d'incertitudes, de surprises et une occasion de sortir des sentiers battus. Tout ce que j'aime!  Aussi quand j'ai su qu'il y avait des blocages à la frontière Péruvienne en raison d'un projet minier contesté , j'y suis allé tête baissée. J'avais pourtant le choix de passer par le Chili plus tranquille pour rejoindre la ville d'Arequipa au Pérou.

 

Yunguyo le péruvien et Copacabana le Bolivien sont deux villages de part et d'autre de la frontière en bordure du lac Titicaca. Depuis 11 jours aucun bus ne passe. La route est bloquée à Yunguyo.  J'arrive donc vers midi à Copacabana où les agences de transport m'informe avoir trouver la parade: Passer par le lac pour rejoindre la ville de Puno et de là prendre un bus. Ça me semble intéressant comme combine. Seulement, ils me disent d'aller au poste frontière tamponner ma sortie de Bolivie et mon entrée au Pérou et de revenir incognito en Bolivie prendre un bateau. J'ai un gros doute sur le fait de sortir d'un pays et y re-rentrer immédiatement (surtout en clandestin de fait). Mais les trucs bizarres dans les autres pays du monde sont parfois envisageables en Amérique du Sud.

Le coup a peut être dû fonctionner pour les premiers, mais quand je tente ma chance, le douanier Bolivien refuse tout net. Au poste, je croise Andrea une Argentine qui a essayé la même chose mais s'est faite refouler. Entre temps, elle a appris qu'un bateau devrait partir aujourd'hui coté péruvien. Donc c'est simple, il suffit de rentrer au Pérou normalement et de prendre ce bateau. 

 

Un rapide retour à l'hôtel pour reprendre mon sac à dos et me voila de l'autre coté de la frontière. Blocs de pierre, restes de pneus brûlés, tessons de bouteille sont en travers de la route qui rend la circulation impossible, même en forçant le passage. Du coup pas de manifestants visibles pour monter la garde. Je rejoins quelques centaines de mètre après un attroupement au bord du lac. Je me retrouve 48eme sur une liste d'attente dans un champs au bord du lac...Incertitude, on parlent entre voyageurs et Péruviens qui voudraient rentrer chez eux aussi. Certains sont là depuis 9heures ce matin, des gars ont pris les choses en main pour organiser un peu le foutoir qui se génère dans ces cas là (d'ou la liste d'attente). Et donc rumeur, fausses infos sont le lot commun, le bateau n'aurait que 25 places mais il se peut qu'un autre bateau arrive.

Bref, j'attend que ça se passe... Vers 17H un bateau arrive et débarque des passagers venant de Puno c'est bon signe mais il n'y a que 25 places... Discussions, tergiversations finalement le bateau ne repartira pas ce soir et il n'y aura pas non plus de second bateau. Un départ serait prévu à 5h du mat le lendemain.

Arrivent des combi (fourgon minibus) qui proposent pour une somme astronomique de se rendre à Puno. D'une part je n'ai pas suffisamment de soles péruviennes et d'autre part j'ai un gros doute. Cela fait 11 jours qu'aucun véhicule ne passe, je ne vois pas pourquoi soudainement le passage s'ouvrirait et vu les obstacles sur la route...

Bref au contraire de l'ensemble des gringos qui montent dans les combis, je reste avec les Péruviens et me rend dans le centre de yunguyo. (j'ai su le lendemain que tous les combi étaient retournés à Copacabana). Je déambule seul ou presque dans le village ou tout les magasins sont fermés en soutient au blocage et me trouve un petit hostel rustique. (prix négocié pour moi par un sympathique péruvien avec lequel j'ai discuté sur le chemin)

Le lendemain aux aurores, sous la pleine lune et dans un froid glacial je me retrouve dans le même champs que la veille à attendre sans beaucoup de monde cette fois. Il y a 3 bateaux qui attendent. Et au lever du jour, ça s'active.

On doit monter dans de petites barques qui font la navette. Quelques voyageurs qui ont décidé comme moi de rester coté péruvien grimpent dans un bateau. (Ceux retournés à Copacabana devront attendre l'ouverture de la frontière).  Il semble qu'ils avaient acheté leurs tickets avant. Mon statut de "sans ticket" me fait aborder dans une autre embarcation où je me retrouve le seul gringo avec Andrea l'argentine croisée la veille.

 

 

Le coût du voyage est beaucoup plus cher (environ 20 euro) que le bus aussi ne prennent ce bateau que des péruviens de la classe moyenne. (chef d'entreprise de textile venu faire du commerce avec la Bolivie accompagnés de commerciaux, une ingénieure de génie civil travaillant à La Paz et d'autre techniciens divers et variés)... Une sympathique ambiance règne dans la cabine avec un petit groupe avec lequel j'ai fait connaissance.

 

 

9 heures de navigation dans ce Titicaca au bleu intense et magnifique, les montagnes enneigées en toile de fond, c'est un peu long mais Victor Hugo et Notre de Dame de Paris me tiennent compagnie quand je n'engage pas de conversations avec mes co-passagers.

 

On discute et sorti des phrases de survie mon espagnol est bien laborieux mais je me demmerde surtout que les questions similaires reviennent. La durée de mon voyage (qui les étonne)? Si je suis marié, si j'ai des enfants? A mon âge cela les surprend aussi (finalement il n'y a pas que ma mère)...

On parle de tout de rien, de religion. Les questions métaphysiques sur l'origine de la vie ou celle de dieu (qui pour moi revient au même) sont de bons échanges entre athée et croyant. Mon athéisme ne les convainc pas (mais ce n'est pas le but). Bref je me demande ce qu'ils retiendront de ces conversations, de ce voyageur qui pense différemment des conquistadores et jésuites Espagnols qui les ont converti.

 

Arrivée à Puno, où je constate que le mouvement s'est invité ici dans cette capitale provinciale. Beaucoup de monde dans les rues, fins de manifestations et banderoles sur la place principale mais tout reste calme. J'apprend que le terminal de bus sera bloqué demain. Cette fois, il faut prendre les manifestants de vitesse. Et je grimpe dans un bus le soir même ou je fais la connaissance de Carlos qui était dans le bateau aussi. Il est a sec niveau argent (puisque volé en Argentine et bloqué une semaine à la frontière). J'achète pour lui son ticket sans imaginer les conséquences de ce geste.

 

 A+

 

 


Publié à 20:08, le 21/05/2011, dans Perou, Lac Titicaca
Mots clefs : blocage frontière copacabanaPerouLac Titicaca


Commentaire sans titre

22:27, 26/05/2011 .. Publié par serialteacher
Woauh...le teaser, bien vu. On veut la suite très vite :)

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