Marche ou rêve, de paysage en paysages

L'argent ne fait pas le bonheur à Potosi

Cinq heures du matin, arrivée sur Potosi. Je peux distinguer une fine pellicule de givre sur le toit du taxi qui me conduira au centre ville. C'est la première gelée, l'hiver est là et aussi les belles journées d'un ciel pur marquant l'arrêt des pluies. La saison est optimale pour visiter la région. Froid la nuit mais chaud et ensoleillé en journée, je n'ai jamais été aussi content d'être en hiver. Au niveau latitude, je suis toujours sous les tropiques mais à  4090m, l'atmosphère se refroidi rudement dans la ville la plus haute du monde.

Potosi: Grandeur et décadence. Une ville champignon née de la ruée vers l'argent au XVIeme siècle. En effet, c'est au pied du cerro Rico que les Espagnols fondèrent la ville et exploitèrent les mines d'argent les plus prolifiques du monde.

Le fameux Cerro rico qui rendît la couronne d'Espagne si riche. Les dépôt blancs sont les minerais extraits et l'entrée des mines.

Potosi devint au XVIIeme l'une des plus riche et plus grande ville du monde avec 200 000 habitants,. L' épuisement du filon au début du XIX siècle entraîna son déclin avec moins de 10 000. Aujourd'hui elle compte 120 000 habitants et les mines fonctionnent encore apr`s avoir décimé des millions d'indiens, d'esclaves. De cette splendeur passée, il reste aujourd'hui un beau centre colonial. Rues pavées, colorée, arches de pierres aux frontons des maisons, portes ouvragées, balcons sculptés et 80 églises disséminées dans la ville. Certaine rues nécessiteraient un bon ravalement et il semble que la commune y travaille puisque nombre de bâtiments sont en travaux. Il y a de belles illuminations en soirée et j'y a fait d'agréables ballades qui m'ont inspirées ce petit patchwork photo: Potosi en revue de détail.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autour de ce centre historique et inscrit au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, la ville s'est étendue avec les traditionnelles maisons de briques non enduites où les gens vivent humblement ensuite ce ne sont que des montagnes arides.

12 000 mineurs travaillent encore dans les reste du filon miraculeux. Les conditions de travail sont abominables et l'espérance de vie ne dépasse pas 42 ans.

La visite des mines fait partie des activités touristiques incontournables et nous fait effleurer à nous gringos, la vie de ces Boliviens qui se tuent à gratter du minerai dans les entrailles de la montagne. 50 personnes y perdent la vie chaque année dus aux éboulements, monoxyde de carbone, chutes, accident d'explosif etc. Dans ces 50, on ne compte pas ceux qui meurent de silicose passé la quarantaine.

Par rapport au touriste lambda, j'ai travaillé 3 ans en tunnel. Les conditions des travaux souterrains, l'explosif, les risques des travaux qu'on y fait me donne sans doute un regard différent sur les boisages, les purges et l'absence inquiétante de sécurité. D'ailleurs, on doit signer une décharge excluant toutes responsabilités du tour operator en cas d'accident. Je confirme qu'il y a bel et bien des risques. Il ne servirait à rien d'énumérer les manquements aux règles de prévention car il n'y en a pas. Travailler ici, c'est vouloir mourir ou presque. D'ailleurs notre guide ancien mineur l'a bien compris interdisant à ses fils de venir y travailler. stoppant la tradition de mineurs de père en fils. L'éducation, la conscience de la vie diminue les vocations dans ce germinal moderne. 

L'exploitation fonctionne avec une trentaine de coopérative qui se répartissent environ 250 mines. A l'intérieur de ces coopératives, se forment des petits groupes qui creusent chacun son filon. Le groupe gagne donc ce qu'il extrait et ça ne gagne pas besef.

Une vue sur les vestiaires ou stockage du matériel. No comments.

 

Après s'être équipés, on commence par faire quelques achats en vue de dédommagements pour le dérangement et les photos que l'on prendra des travailleurs. C'est un peu malsain comme rapport mais vu les gains de ce boulot, chacun y trouve son compte je crois. Un mineur gagne 1500 bolivianos par mois (150 euro). A titre de comparaison, un professeur débutant gagne 1000 bolivianos. Donc chaque touriste achète pour 20 bolivianos un bâton de dynamite, un détonateur, des jus de fruits, des feuilles de coca ou le fameux alcool à 90º qui sert de relaxant en fin de semaine. Ici, la dynamite est en vente libre chez les marchands de matériaux. Ils n'ont pas des problèmes d'attentats comme en Corse ou au pays Basque...

 

L'entrée principale de la mine se présente comme une petite galerie de 2.5m de , parfois maçonnée, parfois supportée de boisage et le plus souvent en roche brute sans aucun blindage. Pas de ventilation, juste quelques tuyaux d'air pour les mineurs équipés de marteaux perforateurs. Les résidus des gaz d'explosion restent à l'intérieur.

 

 Le profil est irrégulier, on est souvent obligé de marcher à moitié baissé, la largeur n'excède pas les 1,50m dans certains passages. 

 

Puis viennent des boyaux encore plus petits qui se ramifient et d'où partent les filons. Certain passages se font à quatre pattes, voir en rampant pour les endroits les plus scabreux. Ces zones sont épuisantes vu qu'on peine à prendre son souffle, d'autant que l'oxygène est moindre à 4500m d'altitude.

Arrivé à l'extrémité on tombe ensuite sur une excavation au fond de laquelle un mineur perfore au marteau et pointerolle un trou de 40 cm de long pour y loger l'explosif.

Atmosphère poussiéreuse, mélangée aux restes de nitrate, soufre des explosions précédentes, il y règne une chaleur étouffante. Avec ce boulot de tue-bonhomme, les mineurs mâchent continuellement une boulette de feuille de coca. Excitant et coupe faim, ça aide à tenir le coup.

On descendra 3 niveaux soit 75 m sous la terre via des passages casse-gueule et échelles branlantes. Chaque niveau, des wagonnets et rails permettent de transporter le minerai. Il est remonté avec des gros seaux à la surface au moyen de treuils manuels (ou électrique pour le dernier niveau). Ces puits verticaux brassent le peu d'air ambiant. La différence de température génère la ventilation.

Ici inquiet de l'état de la roche... Je ne fais pas le malin (avec ma bouteille d'eau).

 

La visite se termine avec le traitement du minerai où là aussi, les conditions de sécurité sont nulles mais à l'air libre que j'étais content de retrouver.

Je suis ressorti de ce tour tout de même éprouvé. Le pourquoi de se tuer au travail, les conditions de vie plus que difficiles de ces hommes.

Les mineurs vénèrent une sorte de diable El Tio, qui est  censé leurs porter chance, bonheur, richesse etc. J'ai de grand doute sur l'efficacité des donations.

A+

 

Info et chiffres sont ceux que j'ai retenus de Juan, notre guide anglophone de l'agence Koala tour.


Publié à 20:18, le 25/04/2011, dans Bolivie, Potosí
Mots clefs : visite des minesarchitecture colonialepotosiboliviecerro ricoargent


sarabande

16:43, 25/04/2011 .. Publié par Une personne anonyme
on est loin de notre petit confort quotidien !!!

un reportage riche et simple
merci

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