Marche ou rêve, de paysage en paysages

Montagne, volcan et désert: le cocktail d'Atacama

Une tête creusée par le temps, le sourire aux lèvres, les cheveux gris, et quelques phrases bien lancées, l'homme a tout de suite imposé son charisme lors du premier contact. L'homme: c'est Pedro, soixante dix ans, Franco-chilien qui dès le premier soir a fasciné l'auditoire francophone dans notre hostel du village de San Pedro d'Atacama.

Il fut question de l'Histoire du Chili, son origine, ses guerres d'indépendances, ses ressources économiques qui de l'agriculture, à l'exploitation du guano, des mines de salpêtre et aujourd'hui le cuivre ont façonné le pays, son peuple, sa richesse et sa trajectoire. Évidement, le coeur de son exposé fut la période du coup d'état de Pinochet en 1973. Surtout lorsqu'on a la trentaine à l'époque et qu'on est militant d'extrême gauche dans une usine de soda au Cola aux couleurs rouges et blanches.

Arrêté pour quelques heures, ce n'est que neuf mois plus tard qu'il retrouva la liberté et sa famille pour rapidement rejoindre la France sous les conseils d'amis restés prisonniers. Ces neuf mois, il les a passé enfermé dans des prisons qui furent tour à tour, le stade de foot de santiago, des gymnases ainsi que les anciennes mines de salpêtre du Nord du Chili. Une région qu'il fait découvrir à son fils aujourd'hui. Hormis cette privation de liberté "sans raison officielle connue", il a échappé à la torture ou la mort, ce qui ne fut pas le cas de certaine de ces connaissances. Bref, une rencontre marquante qui jalonne parmi tant d'autre notre voyage sud américain et approfondi notre connaissance des pays que l'on traverse.

Pedro, ce n'est pas seulement un livre d'histoire sur le Chili, c'est un meneur, un bout en train, curieux et rigolard qui anime nos sorties dans la région et les "after" arrosée de son pisco sour maison, autour du barbec ou à traîner les bars aux heures inattendues pour ses soixante dix printemps. Des rencontres comme ça c'est un plaisir et apprécié par notre petit groupe international (Neo-calédonien, Suisse, Anglais, Chilien, Danois et Français) qui a écoulé quelques litres de bière et de vin Chilien pour la petite semaine passée ici.

La région, parlons en! D'abord comment ne pas évoquer le Col de Jama qui une fois de plus nous fait passer de l'Argentine au Chili. Là encore une géologie tourmentée et colorée dans laquelle serpente une route dont le point culminant franchira les 4850m. Des montagnes, des lacets au bord de précipices jusqu'au vaste étendue désertique du désert d'Atacama en passant par des salars blancs ou des lagunes de l'altiplano. Une route qu'il faut avoir fait dans sa vie je pense, une route que j'essaierai de garder longtemps dans ma mémoire. Même après ces trois mois, je suis toujours insatiable de paysages et ce qui m'étonne, c'est que 90% des passagers du bus dorment ou regardent la dernière nullité holliwoodienne qui passe dans la télé du bus.

Pour ma part, je ne boude pas mon plaisir de partager ces quelques photos potables prisent à travers la vitre du bus. 

 

San pedro d'Atacama est un petit village de 1500 habitants, des rues de terre, des maisons en torchis ou blanchie de chaux. Il ne peut pas vraiment revendiquer d'authenticité tant le tourisme domine dans la rue caracoles ou se disputent restaurants, agences de tourisme et boutiques souvenirs atacameños.

 

Cependant, cette forte densité touristique a pu être habilement évitée par Santiago notre guide de l'hostel la rose d'Atacama qui nous a offert des tours aux heures décalées et matinales pour profiter de la beauté des sites dans une certaine intimité.

***

Notre première sortie fut Tara, c'est un lieu-dit dont l'origine du nom s'est perdu mais c'est surtout une plongée dans le désert le plus sec du monde où les seules sources de vie sont des lagunes d'eau. L'eau vient des remontées de nappes phréatiques qui transitent du contreforts des Andes pour arriver dans ces altiplanos. Alors, ce milieu minéral au possible est colonisé par les algues, micro-organismessuivent oiseaux, vigognes et autres petits mamifères quand ce n'est pas les hommes et les villages.

Petit déjeuner à grand spectacle.

Des lagunes,

 

La route que nous avions prise en bus avec cette fois du temps pour profiter du spectacle.

 

Des roches qui s'érige d'environ trente mètre dans le décor.

 Quand t'es dans le désert...

tu peux faire le saut du guignol.

Puis les flamands font le pied de grue...

Aussi peu commun que ce soit, il a plut quelques gouttes et neigé lors de notre passage ici (un phénomène qui n'était pas arrivé depuis 6 ans).

 

 

 *** 

Deuxième sortie, en plus sèche car cette fois pas une lagune dans cette vallée de la mort et vallée de la lune où le silence se fait impressionnant. L'aridité et le silence ont un nom: le désert d'Atacama.

 

 

Sandra songeuse (aux couleurs des dalons des cimes / petit clin d'oeil réunionnais)...

Cette fois, sortie plus humide. Alors une petite baignade à 4300m d'altitude au levé du soleil, température de l'air -2ºC, température de l'eau 35/40ºC, ça vous tente? On a barboté dans un environnement de montagne enneigée et de volcans: Ce sont les geysers de El Tatio. Le retour par la traversée de l'altiplano offre encore une fois des paysages à la fois arides et sublimes mais comment ne pas se répéter?

Gelée blanche aux aurores, mais baignade tout de même en compagnie d'un groupe ou rigolade et sympathie furent au rendez-vous.

 

  L'environnement autour de la baignade. 

  Au loin les geysers fument.

 

 

Des paysages sublimes, je vous dis!

Et quelques vigognes pour égayer le paysages.

 

 

 Un petit passage dans le plus haut village du Chili mais encombré de bus et de touristes venus déguster un brochette de lama. On ne peut pas tout avoir.

 Au loin, le volcan Licancabur culmine à 5400 m, pauvre petit lama, qui finira en brochette...

La journée s'achève par une chouette balade dans un très petit canyon pour aller voir le "grand père", un cactus de plus de 10 m de haut soit plus de 1000 ans.

 

 Dès demain encore du désert mais cette fois en Bolivie.

A+

 


Publié à 20:03, le 27/02/2011, dans Chili, San Pedro de Atacama
Mots clefs : paso de jamasan pedro d'atacamachilisalardesert


hello

00:24, 28/02/2011 .. Publié par sarabande
ahhhhhhh que de beau paysages.............
ta rencontre avec Pedro semble avoir été haute en couleurs !! elle m'a replongé dans l'heureuse époque de l'AFAL lyonnaise (association france-amérique latine) et d'un engagement assez......marqué

bonne suite

Commentaire sans titre

19:14, 7/03/2011 .. Publié par Eléa
Un desert magnifique, une compagnie incroyable de personnes avec une ambiance de rigolade et de partage....
Welcome to San Pedro!! Tes photos sont magnifiques Laurent.
Que te vaya bien!!


Superbes photos!

11:47, 9/03/2011 .. Publié par Emmanuelle
Que de beaux paysages...ça change des paysages parisiens!!!
Très beau Guignol en extension!


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