Marche ou rêve, de paysage en paysages

Voyage, introspection, bilan, c'est la fin.

Voila, j'ai bouclé la boucle, réalisé un rêve comme on dit... Concrétisé une envie profonde qui consistait à voyager autour du monde pendant une année. Partir à l'Ouest et revenir par l'Est entre novembre 2010 et novembre 2011. De la photographie, des découvertes, des cultures, des paysages, des immersions dans la nature, des saveurs nouvelles, des sensations, des lectures, des rencontres.  Quelques réflexions, un bilan de cette année particulière et riche. Toi lecteur qui viendrait pour la première fois sur ce blog sache que le voyage est terminé  ça débute ici. Il y a 77 articles illustrés d'environ 1300 photos qui racontent ce périple. Il est aujourd'hui l'heure de conclure.

 

J'ai commencé à rédiger cet article à mi-chemin, tirant quelques réflexions, essayant de prendre du recul sur ce que je faisais pendant ces périodes solitaires au long du chemin. Voyager seul, c'est aussi prendre du temps pour l'introspection. Les longs trajets en bus s'y prêtent bien tandis que les paysages défilent, je me demandais parfois ce que je foutais là. Qu'est ce qui a fait que dans ma vie je me retrouvais sur des routes escarpées de Bolivie, au milieu des  prairies à mouton de Nouvelle-Zélande, à zigzaguer entre les camions en Indonésie ou à la recherche d'un château dans une province de Lettonie. Quel est le carburant de mon envie de voyage, d'où me vient cette soif de route, de nouveauté. Alors retour en arrière, ça a commencé quand au fait?

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Qui es tu, d'où tu viens? Portrait, bio à tu et à toi.

Le choc initial non pas de voyage mais de dépaysement tu le reçois en entrant la première fois chez ton ami Thierry vers 8/9 ans. Dans le couloir de sa maison, des souvenirs africains: un battoir pour le mil,  un arc et carquois, un nid de tisserin pendu au mur.  Puis il te montre une immense peau de  serpent , te parlait des fourmis géantes, et des années passées au Nigéria avec ses parents expatriés. Toi, petit bourguignon d'un village de 250 habitants dans le début des années 80, tu vois et touches pour la première fois de véritables objets africains. Sur le moment. tu ne t'en rends pas vraiment compte, tu emmagazines. A l'époque tu ne regardes pas encore les reportages à la télé. Les images qui te viennent de l'étranger c'étaient ces grandes affiches couleurs du cours de l'école primaire et aussi quelques dessins animés sans doute.

Plus tard, au moment de l'armée tu choisis la coopération en entreprise (CSNE), l'envie de voir du pays  te  titille, voir autre chose que la Bourgogne et la France que tu sillonnes en moto depuis tes 17 ans. C'est la première fois que tu prends un avion de grandes lignes et tu te retrouves en Afrique. Au Lesotho. Sur un énorme chantier cosmopolite, entouré  d'expat qui te parlent de Kenya, Vénézuela, Indonésie, Irak, Inde etc. Depuis ce petit pays, tu explores chaque mois un coin d'Afrique du Sud qui reste pour toi un des plus beau pays du monde. Tu côtoies d'autres cultures, vois les animaux des réserves, des paysages de montagnes, de mer  qui te stupéfient. Tu apprends la plongée en bouteille et fait tes premières photos. Ça y est, tu es mordu, infecté par le virus du voyage et enchaîne par un boulot au Nigéria puis en Croatie. Pendant les congés et comme ton père, tu continues à rouler en moto, un vecteur de liberté incomparable et rayonnes en solitaire en Europe, du Portugal aux Balkans.

Entre ces virées en bécanes vient le premier voyage sac au dos à 25 ans, en solitaire, loin de tes bases. Influencé par les cités d'ors, un dessin animé de ton enfance tu pars pour deux semaines et demies découvrir le Pérou, la Bolivie avec juste un billet d'avion aller/retour en poche et sans parler un mot d'espagnol. Là aussi un choc, des moments forts comme le Machu Picchu, des rencontres et des paysages dignes de tes rêves, c'est l'aventure à ton niveau. Tu rencontres des Espagnols, Allemands, Anglais, Américains, Japonnais, Canadiens, Australiens. Tu découvres le monde des routards, des voyageurs indépendants. Tu es surpris de la durée de leurs voyages: 4,6,8 mois voir un an ou plus. Le cosmopolitisme des rencontres t'enchante, les gens pensent comme toi mais voyagent à la puissance 10 par rapport à toi. Tu reviendras fortement bousculé de cette expérience, conquis par l'Amérique du Sud et particulièrement la Bolivie vers laquelle tu te promets de retourner un jour.

Les années suivantes tu délaisses peu à peu la moto car les pays que tu souhaites voir sont principalement accessibles en avion. Pendant les congés tu visites seul ou en couple Cuba, L'Irande, les Philippines, le Vietnam, la Macédoine.

Tu as presque 30 ans et fais ton retour en France. Un projet de stabilisation en tête, maison, mariage, boulot en région parisienne mais très vite l'envie de repartir te reprend. Internet arrive, tu découvres les blogs de tour du mondiste, tu partirais bien mais ton emprunt de maison te coince... Les congés ne sont pas suffisants pour satisfaire à plein tes envies de voyages. Tu changes d'entreprise en voulant  repartir à l'étranger, finalement ce sera l'île de la Réunion. Réticent au départ, cette île spectaculaire   va t'enchanter et te permettre de randonner régulièrement et affiner ta technique photos via les forums internet. C'est aussi une bonne base pour l'Afrique Australe toute proche. Malgré tes demandes de mutations, tu restes quatre ans à ton poste pendant que tes collègues bougent à Madagascar, Maroc, Gabon...  Cette vie hors de métropole te permet de louer ta maison et le projet d'année sabbatique se concrétise. Tu ne fuis pas une routine car les quinze années écoulées en Entreprise furent elles aussi riches de mouvements avec un déménagement en moyenne tout les trois ans, changeant d'environnement, de subordonnés comme de subalternes. Les années réunionaises resteront la plus longue période au même endroit et tu ne peux pas dire que ce soit un mauvais coin, une continuité de ce que tu aimes mais ce projet de voyage te reste en tête.  Après mûre réflexion, tu te lances et  prends l'équivalent de dix années de congés annuels cumulés en une fois. C'est parti.

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Bilan impressions.

En y réfléchissant, ce sont des milliers d'images qui me viennent en tête juste en parcourant les titres des articles du blog et les montages photos qui émaillent cet article. En nuage de mot, ça donne ça:

Assister à l'éruption du piton de la fournaise; croiser les chiens errants du Chili; dévorer un steak saignant argentin sur un petit Malbec; atteindre Ushuaia après 4500 km à travers les Andes; s'oublier en regardant les nuages et les nuits étoilées de Patagonie; bivouaquer dans les montagnes au clair de lune sur le trek de Santa Cruz au Pérou; ressentir la force des chutes d'Iguazu; écouter le chant des oiseaux dans les forêts néo-zelandaises au printemps; manger des truites du Titicaca; se désoler des maisons et villes non finies en Bolivie; voir voler les condors; randonner sur le glacier perito Moreno ou dans le torres del paine; bronzer sur les plages de Colombie; observer la Bolivienne avec sa jupe, son chapeau melon et le baluchon; flâner sous les énormes cohués centenaires du parc los alerces; shooter un lever de soleil sur une mer de nuage en Bolivie ou une baleine sortant de l'océan dans sa gerbe d'écume en Equateur; se laisser porter par la magie du Machu Picchu; se charmer par la beauté de Cartagena; se baigner dans les sources d'eaux chaudes des geysers del Tatio; jouer avec les lions de mer dans les eaux chaudes des Galapagos; sauter au pied des falaises abruptes de Talampaya; capter des photos d'animaux dans le fin fond du parc Madidi; piloter une moto dans la vallée sacrée près de Cusco; approcher les oiseaux aux Galapagos; descendre en VTT sur la route de la mort; regarder défiler les paysages Argentins à l'arrière d'un 4x4; s'époustoufler devant le Salar d'Uyuni; gravir un sommet à  6088m, découvrir le désert autour de San Pedro de Atacama; rafter sur un torrent argentin; sauter en parachute au dessus du lac Taupo; marcher pendant 5 jours dans la jungle colombienne vers une citée perdue; s'égosiller au match France / All Blacks à l'Eden Park; plonger dans une épave dans les eaux Indonésiennes; voir le lever de soleil sur le volcan Rinjani, les couleurs de l'automne à Riga.

Bref ce voyage a exacerbé mes sentiments, m'a fait pleinement gouter et jouir de la vie, l'a remplie aussi.

S'il vous faut des images animées, ça ressemblerait à ça: Vidéo de Rick Mereki

 

MOVE from Rick Mereki on Vimeo.

 

 

LEARN from Rick Mereki on Vimeo.

 

 

  

EAT from Rick Mereki on Vimeo.

 

 

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Bilan intérieur.

Une fois ces images, ces sensations, il en reste quoi au fond?

Au départ, je n'étais pas en quête de spiritualité, de retour sur moi, de recherche de qui j'étais. J'avais la conviction qu'un jour je me prendrais une année pour moi, pour mon propre plaisir. Si possible encore actif et en forme pour crapahuter dans les montagnes, sur la route dans un confort parfois incertain. Ce voyage, je l'ai savouré d'autant plus qu'il m'a coûté des journées de travail, quelques dimanches, des heures tardives ou je rentrais du taf. Je sais ce qu'il vaut.

Je me suis aperçu que c'est aussi un rapport au temps. Comme on dit dans les stages de management, on ne gère pas le temps mais son emploi du temps. C'est ce qui diffère un peu le touriste du voyageur (et encore). Prendre le temps de prendre son temps peut s'appliquer sur un long voyage ou je n'ai pas voulu galoper de pays en pays, devoir sacrifier une destination pour une activité. J'ai choisi de visiter au mieux à mon rythme, de garder des journées tranquilles dans un endroit où j'étais bien. Ces jours sans contrainte  permettent ne pas stresser si blocages ou grèves viennent perturber le programme qui peut s'assouplir. Sur cette période j'ai avalé une cinquantaine de bouquins qui eux aussi m'ont transportés ailleurs, dans d'autres ambiances, d'autres époques.

Un des point principal concerne ma passion du déclic. Photographier à mon bon vouloir. Et pour ça j'ai été comblé au point de me prendre pour un petit reporter mais sans rendre de compte à personne. Passer ses journées l'oeil au aguet pour capter le moments, la lumière et puis les partager via le blog.  Il sera difficile de retrouver de tels moments dans ma vie future.

 

Ce voyage m'a rendu plus riche d'expérience, de vie.

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Les rencontres

 

Les rencontres, rapports sociaux parfois éphémères mais oh combien important. De Pedro et ses souvenirs de la dictature de Pinochet à Carlos et l'hospitalité de sa famille à Aréquipa, Sanita qui m'accueille à Riga. Sans oublier ces gens croisés de quelques minutes à plusieurs jours qui ont rendu ce voyage unique. Un article dédié est là.

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Quelques conseils.

J'ai bien entendu la chance d'être du bon coté de la barrière, être né dans un pays ou les conditions économiques me le permettent, d'avoir pu économiser, faire des placements pour réaliser ce projet. Enfin la chance ne vient pas toute seule, des bonnes études, un boulot  sont préférables mais pas indispensables. Le plus important c'est sans doute de provoquer cette chance, se lancer, être mobile. Ce n'est pas sans quelques sacrifices et penser que ça ne s'improvise pas du jour au lendemain. Alors à méditer avant enfants, projet immobilier efin tout ce qui vous engagera sur le long terme.

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 Marche ou rêve, le blog

Le blog aussi a été une surprise. J'étais parti avec l'idée de surtout montrer mes photos et puis l'écriture est venue d'abord pour étoffer, compléter, légender en essayant de bien faire. Et oh surprise des gens inconnus ou amis d'ami commentent leur enthousiasme, me suivent. J'y ai pris goût et essayé de faire de mon mieux, m'inspirant d'autres voyageurs tout en y mettant de la sincérité sur les sentiments vécus. Certains jeux de mots pourris m'ont demandé de longues réflexions, en espérant vous avoir décroché quelques sourires. Sachez que chaque commentaire m'a fait chaud au coeur et je remercie ceux qui l'ont fait et même ceux qui ne l'ont pas fait mais qui ont marché ou rêvé à travers l'écran.

 

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Et pour finir quelques petites citations inspirantes pour faire bien:

"Vivons heureux en attendant la mort" (Pierre Desproges)

"Le seul temps vraiment perdu est celui qu'on passe à regretter les occasions manquées" (Grégoire Lacroix) 

"Il n’y a d’homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." (Lamartine)

"L'existence est une route, et si on prend la tangente, elle est plus longue. Et là, le processus compte plus que le résultat, puisque l'aboutissement est toujours le même : la mort." (A. Kourkov)

"Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns." (Jacques Brel)


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A maintenant 38 ans, je viens de réaliser ce grand voyage qui me tenait à coeur. La vie va reprendre son cours mais toujours dans une continuité de découverte car je suis muté en Slovaquie pour un nouveau chantier. Il faut bien reprendre et j'en suis heureux. Toute fin est le début d'autre chose. J'ai bien entendu d'autres projets avec toujours dans un coin de ma tête des rêves en germe.

 

Cette fois je ne vous dis pas A+.

 

 

 

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PS: Merci aux amis pour les contacts réguliers, à ma famille pour le soutient et particulièrement à ma soeur, gestionnaire du courrier et autres emmerdes administratives pendant ce long voyage.



Publié à 03:11, le 20/11/2011,
Mots clefs : best of photobien êtreConclusionvoyage autour du mondetour du mondebilan


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